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Journalisme : le quatrieme pouvoir : critique (01)

Cet article de François Ruffin a été retouché par l'auteur de ce blog afin de le refaire vivre et mettre en valeur les arguments clés.

http://www.monde-diplomatique.fr/2003/02/RUFFIN/9931  février2003 - Pages 26 et 27

Conformisme à la française
Le Centre de formation des journalistes saisi par l’argent-roi

Comment l’enseignement du journalisme parvient-il à fabriquer en série et au moindre coût des professionnels disposés ou résignés à faire de l’information telle qu’elle est devenue ?

Pourquoi des aînés ayant intériorisé les contraintes du marché s’ingénient-ils, avec conviction et sincérité, à les faire adopter par leurs cadets, afin que tous se sentent « libres » dans des médias « libres » ?

A ces questions, une plongée dans le Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris offre bien des réponses.

Issue de la Résistance et porteuse, hier encore, de la conception rigoureuse et de l’éthique chères à Hubert Beuve-Méry, fondateur du « Monde », l’école de la rue du Louvre a subi une mue  caractéristique.

Avec l’argent-roi, le conformisme y a pris le pouvoir. Ses diplômés n’ont plus besoin d’« aller aux ordres » pour servir les puissants : pour beaucoup d’entre eux, tout est déjà dans l’ordre...


Par François Ruffin

Auteur de Quartier nord, Fayard, 2006, et rédacteur du journal Fakir
(Amiens).

C’est une curiosité du journalisme : ses membres appartiennent à une profession dite « ouverte », qui n’exige aucun diplôme pour son exercice. Et, de fait, seuls 12 % des titulaires d’une carte de presse sortent d’un des neuf établissements agréés : les IUT de Bordeaux et de Tours, le Centre universitaire d’enseignement du journalisme (CUEJ) de Strasbourg, l’Ecole de journalisme et de communication de Marseille (EJCM), l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, l’Ecole
de journalisme de Toulouse et - à Paris - le Centre de formation
des journalistes (CFJ), le Celsa et l’Institut pratique du journalisme.


Cette faible proportion apparente masque un important clivage : d’un côté, une presse régionale et une presse spécialisée qui recrutent, massivement, parmi les non-diplômés. De l’autre, des médias plus renommés (AFP, France-Inter, France 2, etc.) qui considèrent le passage par une école comme « une étape quasi indispensable » : « Voir désormais un jeune grand reporter "formé sur le tas" semble de plus en plus improbable dans les médias nationaux  (1).  » C’est une évolution notable du métier : là où on entrait, jadis, par la petite porte ou grâce à un piston, un titre scolaire est désormais requis.


Toutes les écoles ne mènent pourtant pas à Rome. Tandis que les formations universitaires (les deux IUT, le CUEJ, l’EJCM et le Celsa) débouchent, bien souvent, sur des contrats à durée déterminée
(CDD) dans l’audiovisuel de province ou la presse magazine, deux établissements privés ont la préférence des « grands » médias : l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ), à Lille, et surtout, à Paris, le Centre de formation des journalistes (CFJ), parfois qualifié d’
« ENA du journalisme ». Un guide L’Etudiant affirme ainsi : « Le CFJ est au journalisme ce que Sciences-Po est à  l’administration : une école d’excellence  (2).  »

Fondé en 1946 par de jeunes résistants, dans le quartier des Halles,« le CFJ structure durablement le journalisme français  (3)  ». Il forme une « élite ».
Un rapide décompte dans l’
Annuaire des anciens élèves suffit : deux milliers de journalistes, à peine, sont issus du Centre entre 1947 et 2002. Une goutte d’eau, noyée dans l’océan de leurs 32 768 collègues actuels. Mais ces deux mille-là comptent dans les médias qui comptent :

une vingtaine au Figaro, à L’Express, à Europe 1, une trentaine à TF1, quarante à Libération, cinquante à France 2, soixante-cinq au Monde, plus de cent à l’Agence France-Presse (AFP) ! Alors que l’ensemble des quotidiens régionaux n’emploient, eux, au total, que 68 anciens du CFJ... Ajoutons que, dans leurs entreprises, ces diplômés stagnent rarement à la base : cet Annuaire
constitue un catalogue des grands ténors des médias (Franz-Olivier Giesbert, Laurent Joffrin, Pierre Lescure...), des
« directeurs de la rédaction » et autres « chefs de service » qui ont pris l’« ascenseur
social »
et « occupent des positions prestigieuses dans la hiérarchie interne  (4)  ».
Peut-on s’étonner que les deux journalistes les plus écoutés de France, les deux présentateurs attitrés des journaux télévisés de 20 heures, Patrick Poivre d’Arvor pour TF1 et David Pujadas pour
France2, sortent du CFJ ?

Adoubant des journalistes bien cotés, qui siègent à des postes influents dans des médias influents, le CFJ détermine, en partie, ce que sont et seront les médias. 

Une certaine conception du métier s’est édifiée au Centre, que les élèves ont ensuite lentement répandue dans les rédactions.

A l’origine, les enseignants vantaient les vertus des faits contre le commentaire, avec une exigence de factualité et de fiabilité.
Au reporter aventurier à la Joseph Kessel ou au rédacteur de talent
comme Albert Camus, figures alors emblématiques du journalisme,
le CFJ a opposé un modèle : celui du professionnel rigoureux, à l’écriture sans fioriture (« clair, correct, concis, complet »), qui recoupe ses sources avec sérieux.
Dans une profession où régnait la corruption, les enseignants exhortèrent à l’honnêteté intellectuelle et pécuniaire,
« à la défense des valeurs morales contre la logique de rentabilité ».

Ces efforts épousaient la ligne ascétique d’un Hubert  Beuve-Méry  (5),
et une chercheuse peut noter que, à cette époque, dans les années 1950,
« les journalistes
rédacteurs du journal
Le Monde partageaient avec le CFJ une communauté de vues et d’esprit  (6)  ».


Mais, depuis, le journalisme est devenu moins souvent citoyen que lucratif. Des pans entiers du champ intellectuel ont basculé dans la conquête de l’Audimat et la quête du profit, et c’est de ce
renversement idéologique que témoigne clairement l’orientation actuelle du Centre, tant par sa pédagogie que par son vide intellectuel ou son discours libéral.

« Un flash, c’est six, sept brèves, tac, tac, tac. Jamais une qui dépasse les quarante secondes. » Dans  l’enseignement, prédominent la mise en forme et la mise au format, avec des prescriptions qui se suivent et se ressemblent : « Autant que possible, évitez les subordonnées, les phrases supérieures à quatorze mots. » « 2 min 15 pour un reportage, c’est énorme en télé, c’est énorme... Y a un problème de temps. »
« Un sonore de plus de 15 secondes, posez-vous la question. » La question du sens, elle, ne se pose pas. Lorsqu’elle surgit, c’est le fait d’un élève, et l’enseignant  ’enterre aussitôt : « Mais, en une minute, on n’a le temps de rien dire ! - Eh oui, s’amuse l’encadrant (rédacteur en chef adjoint de LCI). Bienvenue dans le monde de la télé ! »


Dès la rentrée, le responsable « presse écrite » théorise ces visées normatives : « Dans la   profession, il y a un certain nombre de journaux ou de journalistes qui ne sont pas dans la ligne, on dira. Ici, on va vous demander de suivre la ligne, si on peut dire, de rester dans la norme. » Avant de s’irriter, une semaine plus tard, excédé par les « déviances » des étudiants : « Eh bien, oui, oui, il y a un moule CFJ, et il faudra bien vous y couler. »

Ce moule impose, avant tout, de « suivre l’actualité ». Car « on fait du news, encore du news, toujours du news ». Et les apprentis journalistes sont remis dans le droit chemin de l’« actualité »,
tantôt par des injonctions (« C’est chaud, c’est chaud, ou alors ça ne se justifie pas »), tantôt par de
confraternels conseils :

- Une étudiante : « Pour mercredi, avec la sortie du film sur les Bibs, les travailleurs de chez Michelin, on aurait voulu faire un retour sur la condition ouvrière... »


- Le rédacteur en chef : « Ça, c’est un sujet mag, c’est pas de l’actu. Il faut espérer qu’on aura autre chose comme actu, de l’actu qui parle un peu plus. »

« Que prennent les Français comme apéritif ? »

De « l’actu », les intervenants en dénichent alors dans Le Parisien : « Mercredi, je vois qu’il y a PSG-OM. Ça ne peut pas être moins d’une page. » Les étudiants titrent donc « En attendant l’OM », puis « Fernandez dédramatise » et enfin « PSG-OM, le match qui fait trembler la ville », « Une odeur de soufre », « Il va y avoir des incidents », « Une rivalité historique », « Le PSG gonflé à bloc »...
Sept articles, pour un match nul 0-0, avec de modestes jets de pierres...


Ce dogme de l’actualité masque, en fait, une option économiste :

est demandé au journaliste de s’abstraire, de renoncer à ses valeurs, s’il en a, au profit d’une hiérarchie de l’information grand public. « Est-ce qu’il faut rallumer son chauffage ? Avec le coup de froid de ce matin, voilà la question que se posent les gens. Ça, c’est un reportage d’actualité, et ça concerne 60 millions de Français », assure le responsable de la formation télé. Les nouvelles aux conséquences diplomatiques ou sociales passent à la trappe, tandis que prime désormais l’intérêt immédiat de l’audience, qui vaut au sujet d’être rebaptisé « d’actualité ».

Ainsi, lors d’une session télévision, Stéphane souhaitait tourner un reportage sur le commerce équitable. L’intervenant hésite : « Je verrais plutôt, tiens, par exemple, un truc du genre : "Que prennent les Français comme apéritif ?" - Mais c’est nul. - Oui, mais ça sera regardé par 8 millions de téléspectateurs. Tandis que ta campagne, là, "De l’éthique sur l’étiquette", personne ne connaît. - Mais justement.

Ça peut intéresser les gens. Leur faire découvrir. - Ouais (se tirant la paupière). Mon oeil. Ils s’en foutent, les gens. »


Le but affiché de cet enseignement : imiter les « grands » médias. Ce dont témoigne un formateur au lancement de l’hebdomadaire-école : « Les années précédentes, on a conçu des productions vraiment synchro avec les concurrents. On était sur la même actu que L’Express ou Le Point. On
n’avait rien manqué. J’espère que notre produit sera aussi performant cette fois-ci. » Voilà une définition de la « performance » : obtenir le même « produit » que les professionnels.

Un rituel prouve, en télévision, ce souci constant :

pour préparer notre journal télévisé (interne) de 18 heures, le chef d’édition observe les 13 heures de TF1 et de France 2, garde un oeil sur iTélévision et LCI, relève les différents sujets, note leur ordre
d’apparition - que les élèves reproduisent fidèlement le soir même : le décès d’une skieuse, le bacille du charbon à Washington, les « frappes » américaines en Afghanistan, les citrouilles de Halloween...

La copie semble d’autant plus conforme que les quantités sont respectées : « 7 minutes sur la mort de Régine Cavagnoud, pour un journal de 20 minutes, c’est bien. PPDA (Patrick Poivre d’Arvor) en fera un tiers aussi, ce soir, à peu près. »

Autre disparition : Gilbert Bécaud, la veille du bouclage de l’hebdo. « Il faut faire quatre pages  dessus », ordonne aussitôt le rédacteur en chef.
Avant d’être, le lendemain, saisi par le doute : « Les quotidiens le mettent en "une", mais ça ne prend pas non plus tout le journal. On en a peut-être fait trop. On peut en discuter. » La parution des hebdomadaires viendra finalement le réconforter : « Vous avez vu ? Ça fait la couverture et quatre pages de Match. Donc on est bon. » A l’Institut pratique du journalisme, à Paris, les élèves copient Le Nouvel Observateur presque à la virgule près : pagination, style, titraille, rubriques...


Peut-on concevoir une « grande école », qui plus est « de journalisme », sans bibliothèque ? C’est pourtant possible, le CFJ l’atteste : en guise de rayonnages d’ouvrages, une très modeste
« documentation », avec des magazines, un Quid, quelques dictionnaires, un manuel de la ponctuation... Une centaine d’usuels, à peine.

Cette indigence ne résulte d’aucun calcul, elle correspond au programme de l’établissement, jamais formulé comme tel :

puisque, pour faire du journalisme, aucun savoir n’est requis, à quoi pourraient donc servir les instruments du savoir ?

A l’ESJ de Lille, d’ailleurs, un immense fonds subsiste... rarement consulté, comme le raconte le documentaliste : « Les étudiants arrêtent quasiment de lire des livres lorsqu’ils passent le seuil de l’école de journalisme (...), comme s’ils devaient d’ores et déjà acquérir et intérioriser les réflexes en vigueur dans les rédactions  (7).  »


Les élèves ne parcourent même plus les essais qu’ils critiquent. Ainsi de Benoît, pour un ouvrage sur la guerre d’Algérie. « Poursuis ton papier sur le livre de Jacques Duquesne, lui conseille une intervenante de France-Culture. - Mais je ne l’ai pas ouvert ! - Pas la peine. Il faut faire vite. Lis juste une critique du Monde.  » Une recommandation qu’elle renouvelle pour un film de Claude Lanzmann (non visionné) et une étude sur les « working poor ». Nulle incompétence chez cette professionnelle : elle a incorporé le rythme de son métier, son appétit de productivité, et en a adopté les ruses.

Car, loin de handicaper le journaliste, une méconnaissance des sujets constitue un atout :

un savoir incongru risquerait de parasiter la synthèse ; la complexité envahirait le chroniqueur, qui déborderait du format, dépasserait la minute, voire - extrême limite - les 1min15...


Avec quatre séminaires en deux ans, perdue dans le no man’s land des brèves, des flashes et des filets, la culture générale vivote en marge de la pratique.

Plus inquiétant, l’absence de réflexion dans la pratique.

C’est flagrant pour les « micro-trottoirs » sur « Loft Story » ou les « info-divertissements », comme le Salon du chocolat.

Mais c’est le cas, aussi, pour des sujets plus politiques.

Les élèves multiplient les « papiers », trois mois durant, sur les péripéties concernant les retraites, le PARE, les 35 heures... sans voir plus loin que le bout de leurs dépêches AFP, sans rien savoir de l’Unedic ou de la gestion paritaire, sans comparer « capitalisation » et « répartition ».

Ils rédigent, pour un hebdomadaire, six pages sur l’« euro, le roman d’une naissance » sans le moindre questionnement sur les critères de Maastricht, leurs conséquences sociales, la souveraineté nationale, etc. La monnaie unique est ainsi décrite comme « novatrice, et surtout nécessaire » : « Difficile en effet de commercer au sein du Marché commun (...) quand des fluctuations de monnaie peuvent à tout moment faire varier les prix d’un pays à l’autre. »

Cette appréciation ne résulte d’aucun choix, plutôt d’un non-choix. D’une non-pensée, qui naturalise les mécanismes historiques, financiers ou sociaux. Qui présente, comme nécessaire et positif, ce qui est. Qui épouse sans effort le consensus.


C’est cette surenchère par le bas, ce « culte du moins-pensant », que stigmatise un élève : « Il y a un manque vraiment désespérant d’interrogations, de confrontations sur le fond, qui engendre un
conformisme. Dans une école, c’est navrant. »
Ces confrontations sur le fond, le CFJ ne les encourage pas, voire les décourage. Mais la plupart des étudiants n’y aspirent pas davantage. Entre eux, jamais d’empoignades, jamais de débats. Sur le libéralisme, l’écologie, la place de l’Etat, la fermeture de Michelin, rien. Seul Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain - pour ou contre ? Facho ou rétro ? - éveille une mini-controverse.


Une parole publique anémiée, une pensée exsangue... en un lieu où se forment les agitateurs (supposés) de la démocratie. Comment expliquer ce paradoxe apparent ? La faute à l’époque, sûrement, désenchantée. Ces jeunes ont grandi dans la crise, génération pragmatique, sans utopies
ni illusions.
« C’est ça, l’esprit du temps, notait Cornélius Castoriadis. Tout conspire dans le même sens, pour les mêmes résultats, c’est-à-dire l’insignifiance  (8).  »

S’y ajoute une forte homogénéité sociale. Comment débattrede la torture en Algérie, de la Cour pénale internationale, de l’intervention en Afghanistan, alors que les élèves sont tous d’accord ?
Tous « progressistes », tous « modernes », tous du centre gauche ? Presque tous proches de Bertrand Delanoë, ce
« Lawrence d’Arabie qui a conquis Paris », ce « grand imaginatif »,
« un peu visionnaire », ce « chevalier sans peur », qui « ne s’arrête jamais » et « ne fait pas la star  (9)  » ?

Enfants des classes moyennes supérieures, à la jeunesse insipide et/ou heureuse, nulle injustice ne les a marqués. Ils n’éprouvent aucune colère contre le monde, à quelques détails près. A quoi
bon, dès lors, fourbir des outils théoriques pour dénoncer l’ordre scolaire, financier, judiciaire, établi - qui les a jusqu’ici bien servis ?


Le Centre n’apparaît guère comme le creuset d’une réflexion critique sur le monde, encore moins sur le journalisme.

Jamais l’école ne reçoit un sémiologue, qui rendrait les notions d’« événement » et d’« actualité » moins naturelles.

Pas davantage un sociologue, qui démonterait les présupposés des médias.


Pas même un historien de la presse, qui narrerait les batailles autour de ce secteur.

Jamais ne sont évoqués ni Jules Vallès, ni Jean Jaurès, ni Octave Mirbeau, ni aucun de ces grands noms qui
ont « porté la plume dans la plaie »

et pour qui témoigner relevait de l’engagement moral.

Quant aux Daniel Mermet, Denis Robert, Pierre Carles et autres reporters hérétiques, jamais ils ne sont proposés en contre-modèles comme on ouvrirait une
fenêtre.


Ces iconoclastes risqueraient d’introduire une distance critique.

Alors que les formateurs s’efforcent, à l’inverse, d’inculquer aux étudiants des croyances :

il est évident qu’il faut produire vite...
Il est évident qu’il faut attirer le public...
Il est évident qu’il faut annoncer le tiercé, la météo, la Bourse...
Et c’est d’autant plus évident qu’on ne se penche jamais sur ces évidences

Guère critiqué, le mode de production type « LCI - Le Parisien - France Info » apparaît naturel.
Et donc impossible à contester au nom d’un avant (ignoré), d’un ailleurs (inconnu) ou d’un autrement (informulé).

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