Pour une démocratie directe locale

Face à la mutation sociétale en cours : l'élévation de nos démocraties

Relocalisation de la production de nourriture, Pourquoi ? comment ?

 

Pourquoi relocaliser la production de notre nourriture ? 

Il n'y a pas de volonté ici de répondre de manière exhaustive.

Pour des raisons de résilience face aux dites crises multiples actuelles :

Les masses médias mainstream (les médias suiveuses de tendance qui n'offrent pas beaucoup à réfléchir autrement) nous décortiquent les problèmes actuels en les présentant de manière déconnectée.

Or, si ces crises existent c'est bien qu'il y a eu pour certaines communautés humaines un domaine de droits accordés par des dirigeants des sociétés qui subissent les dits désagréments .. des sociétés actrices souvent malgré elles.

En d'autres termes le système aristocratique actuel ne fonctionne pas .. et il est urgent de mettre en place un contre pouvoir local : la démocratie en tout lieu ...

Il est en effet urgent que la démarche dit bottom-up (du bas vers le haut) s'équilibre face à la démarche actuelle Top-down (du haut vers le bas) de nos sociétés aristocratiques. Qu'un pouvoir gouvernemental aristocratique qui c'est centralisé au fil des derniers siècles ait adopté une démarche pyramidale d'imposition des projets et lois du haut vers le bas se comprend légitimement si on accepte le point de vue des possédants (capitalistes). Leurs intérêts étant ainsi bien protégés.

Aujourd'hui, leurs démarches d'enrichissement par l'accaparement puis l'épuisement des ressources naturelles gratuites offertes par Notre environnement deviennent insoutenables pour les équilibres de nos écosystèmes.

Pour des raisons d'emploi à relocaliser :

L'agriculture pour une autosuffisance nationale en denrée alimentaire conduirait à :

- 600 000 nouveaux emplois directs au niveau national liés à la production primaire, sans compter les emplois secondaires.

- 1500 emplois dédiés à ça au niveau de l'Ardèche Verte. (surface définie du début 2014)

- 306 emplois directs pour la seule ville d'Annonay ...

(Pour plus de détails, voir l'article posté plus bas.)

Chiffre qui ne tient pas compte des emplois secondaires .. (logistique, restauration, création de richesse locale);

Cette projection théorique nécessite de répondre aux questions de la faisabilité en terme de surfaces agricoles disponibles déjà utilisées ou en friches et la faisabilité en terme de modification de l'usage des sols, sachant que celles-ci sont exploitées soit par des fermiers et/ou des propriétaires paysans. L'objectif au final et l'augmentation de la productivité par hectare de production plutôt que de la productivité par personne. (cette dernière étant pour le moment la pensée des industriels de la FNSEA)

Pour des raisons d'anticipation face au délire de gestion des multinationales de l'industrie agroalimentaire :

- Voir aussi les réflexions de l'article ci-bas : 5 faits terrifiants sur l’état alarmant de l’industrie alimentaire mondiale

Et je vous laisse libre d'imaginer encore bien d'autres raisons toutes autant valables que celles présentées ci-dessus.

Comment ? 

Les dernières élections démontrent un désintérêt profond d'une grande majorité des habitants électeurs au système républicain actuel.

Pourtant, à écouter nombre de sociologues, les habitants français ont rarement été autant engagés politiquement. Cela se matérialise par exemple par le fait que nous avons le record  absolu de blog, de sites critiques et d'analyses, de propositions etc.

Paradoxalement, nous nous retrouvons dans une situation où les élus ne sont plus légitimes au regard du nombre d'inscrits et des abstentionnistes.

Le fonctionnement du comptage des votes permet encore d'obtenir une majorité relative mais les habitants ne sont pas dupes. L'abstention est une forme d'expression politique. Le courage de dire : "non, je ne veux plus que mon vote participe à cela."

Ainsi, comment demander à des élus locaux de porter un projet qui nécessite l'engouement de toutes et tous ?

Ainsi, un projet sur l'autonomie alimentaire ne pourra pas être lancé par des élus locaux, syndicaux et même associatif (intéressé), cela conduirait dé-facto à repousser des opposants idéologiques.

Il suffit de lire des enquêtes d'opinions sur la méfiance et désaveux des habitants face à la sphère politique pour comprendre que ce n'est pas PAR eux qu'on pourra créer un engouement local majeur.

Pourtant, la place de l'élu politique dans ce type de projet sera majeur.

Ainsi, par une démarche démocratique au sens de ce blog, comprenez par là : la démocratie directe, il serait possible de réconcilier élus et citoyens. 

Pour y parvenir, il existe plusieurs méthodologies possibles de mise en oeuvre de l'intelligence collective.

Il ne sera pas fait référence ici aux outils institutionnels comme la CNDP (Commission National des Débats Publics) ou même  le CLD Pays de l'Ardèche Verte qui pourrait avoir sa place dans un deuxième temps. 

Car ce sont des outils bridés par les élus et donc sujets à caution du fait de leur parti pris, collusion d'intérêts, et corruption par divers lobbies, qu'ils soient : syndicaux, partis politiques, associatifs et économiques. 

Peut être serait-il plus opportun pour nous, habitants, de s'orienter vers des méthodes qui prennent en compte une expertise citoyenne : il sera proposé ici la méthode dite : conférence de citoyens développée par Jacques Testart.

Ainsi stratégiquement, dans une première phase de projet, un accompagnement à nos côtés, de la part des politiques locaux, serait la bienvenue, puis, une fois les conclusions données des citoyens, la élus locaux auront là toute l'énergie citoyenne derrière eux pour les accompagner dans ce projet.

Perte de confiance des citoyens envers la sphère politique :

La perte de confiance des habitants vis à vis de la sphère politicienne est dangereuse.

Cependant, plus la représentation du pouvoir est proche de lui, plus la confiance est importante. 

Pourtant, dans la forme actuelle de l'aristocratie, la représentation issue des élections est incontournable mais ne correspond plus aux attentes. 

La pensée néolibérale (d'après un article du monde "La défiance des Français envers la politique atteint un niveau record" ci-bas) semble s'installer dans la pensée des habitants. Pourtant, en période de vache maigre, ce n'est pas cette philosophie individualiste qui exacerbe la disparité dans la redistribution des richesses qui parvient au dépassement des problèmes économiques. L'histoire le démontre. Le peuple finit toujours par se soulever. 

Cet article montre néanmoins que la confiance en chacun et en ses proches se renforce et pourrait offrir une fenêtre de perspective constructive. 

Se réapproprier les orientations de la politique locale serait-elle une piste de sortie ?

La défiance vis à vis du pouvoir, la pratique politique des habitants toujours plus actives via les supports qu'offre le net, la confiance qu'à l'habitant français en son propre "pouvoir" sur sa vie, la perspective de nouvelles pratiques citoyennes à inventer, complémentaires de l'action du politique institutionnel, etc. définissent à priori des perspectives d'évolution de la pratique aristocratique actuelle vers plus de prise en compte d'une expertise d'habitants. .

Question de vocabulaire pas si anodin : 

En traitant du sujet, les lectures m'invitent à distinguer la question de l'autonomie et l'autosuffisance alimentaire. 

Autosuffisance, autonomie :

La question de l'autosuffisance interroge les approvisionnements qui répondent aux besoins d'une zone géographique, d'une population, sans dépendre d'une autre. Ce concept est erroné par simple confrontation aux réalités du quotidien. Cependant, au regard d'une situation de crise qui conduirait à pousser à l'abandon (provisoire) d'une alimentation exotique, la réalisation de l'autosuffisance conduirait à devoir assouvir des besoins de base de l'alimentation. 

La question de l'autonomie au sens d'auto-nomos, qui est la capacité d'un individu à participer à la construction des lois auxquelles il accepte de se soumettre, interroge la capacité d'un citoyen à participer aux choix de société qu'il souhaite vivre.

Dans le cas de productions et d'achats de denrées agricoles, la capacité d'autonomie s'oppose, s'affronte à l'hétéronomie que représente les accords de l'OMC et de libre échange et la spéculation des marchés financiers.

Je rappelle ici que la question de la souveraineté alimentaire n'est pas encore inscrite en terme de loi à l'ONU, encore moins à l'OMC, etc .. donc ... non autorisé au niveau nationale .. une question d'une importance capitale pour les pays Africains par exemple face au dumping des prix des denrées importées d'Europe et demain il en sera de même pour nous européen face au dumping des multinationales des USA  via un TAFTA - traité trans atlantique - en cours de concrétisation.

Dans un monde régit par les lois néolibérales la question de l'autosuffisance interpellera la question de l'autonomie des citoyens sur son territoire pour sa mise en oeuvre. 

Autosuffisance et/ou autarcie ?

(question en cours)

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Réponses à cette discussion

5 FAITS TERRIFIANTS SUR L'ETAT ALARMANT DE L'INDUSTRIE ALIMENTAIRE MONDIALE :

Origine de l'info

Voici une synthèse claire et nette de l’état des lieux alarmant de l’industrie mondiale alimentaire. Les incohérences des modes de production, conservation, stockage… sont pointés du doigt alors que règne la misère humaine. Allons-nous continuer longtemps à rester spectateurs ? 

1. Nous consommons moins d’un tiers de la nourriture que nous produisons. Le monde produit actuellement de quoi fournir environ 2.700 calories à chaque être humain, et pourtant, la planète est sous-alimentée dans son ensemble. Un tiers de la nourriture produite est utilisée comme aliment pour le bétail et le troisième tiers est gaspillé. En outre, 5% des aliments produits sont utilisés pour produire des biocarburants.

2. La pénurie d’eau devient catastrophique.  Environ un cinquième de la planète, soit 1,7 milliard de personnes, vivent dans des zones où l’eau est rare, en pénurie, ou limitée. 1,6 milliard d’individus vivent dans des pays dotés d’une infrastructure insuffisante pour l’eau. La consommation d’eau a augmenté deux fois plus vite que le taux de croissance de la population et on s’attend à ce que la crise de l’eau s’aggrave. En 2030, la demande devrait dépasser l’offre de 40%, et près de la moitié du monde devrait connaître des pénuries d’eau.

global_water_scarcity

 

3. Notre obsession pour la viande coûte cher à la planète. Autrefois, la viande était un luxe, mais elle s’est banalisée. Du coup, les surfaces d’élevage représentent désormais 30% des terres disponibles de la planète, et l’industrie de la viande génère environ 15% des émissions mondiales de dioxyde de carbone. L’élevage de bovins pour la viande et le lait est le plus gros coupable, avec 10% des émissions totales.

4. L’obésité est devenue un phénomène mondial. 15% de la population mondiale n’est plus seulement en surpoids, mais obèse, et le taux est même proche de 25% dans les pays riches. Pire, aux Etats-Unis et au Mexique, un tiers de la population souffre de cette maladie. Si l’on combine surpoids et obésité, on trouve que 70% de la population aux États-Unis est ou bien en surpoids ou obèse, et qu’en Europe et en Amérique Latine, cette proportion atteint 60%.

obesity

5. Nous sommes à la veille d’une crise alimentaire. Au cours des 5 à 10 dernières années, le monde a consommé plus de nourriture qu’il n’en a produite. Les réserves mondiales de céréales n’ont jamais été aussi basses depuis 1974 et les prix atteignent des niveaux record. Le monde est de plus en plus vulnérable aux effets d’une mauvaise récolte ou d’une sécheresse inattendue qui pourraient laisser de grandes parties du monde affamées.

Chômage ? On peut créer 600 000 emplois dans l’agriculture !

Origine de l'info

Alors que le chômage atteint en France un nouveau sommet, économistes et politiques ressassent les mêmes idées qui ne marchent pas, "politique de l’offre""charges des entreprises“, et autres fadaises serinées depuis des années. Il faut changer la donne et la logique. S’engager dans des politiques écologiques. Regarder, par exemple, du côté d’une agriculture fondée sur le bio et la souveraineté alilmentaire : elle permettrait de créer 600 000 emplois en France, selon Terre de Liens Normandie.


Et si on décidait de protéger la terre agricole par notre alimentation ?

Et si on décidait de ré-ancrer notre alimentation dans nos territoires ?

Et si on décidait de se rendre solidaires des paysans et paysannes (qui souhaitent explorer et construire un véritable développement alimentaire soutenable...) en généralisant le commerce alimentaire équitable de proximité ? Un commerce qui permette à cette profession (et aux activités qui lui sont liées) de retrouver une vraie autonomie face à des marchés mondiaux dont ils ne maîtriseront probablement jamais la régulation ?

Et si on développait notre citoyenneté économique créatrice d’emplois, partout, maintenant, pour montrer qu’elle est bien plus qu’un concept mais bien un acte probant, qui montre aux dirigeants de tous nos territoires et de tous bords politiques les voies possibles pour une économie agricole et alimentaire réellement soutenable, qui conteste aussi, en actes, le manque de légitimité sociale de l’actuelle PAC alors qu’une autre PAC est possible...

1 187 847 : c’est le nombre (minimum !...) de paysans et paysannes (installé-e-s en bio) que nous devrions avoir en France (contre moins de 500 000 actuellement...) si tout le monde mangeait local.

22 963 759 : c’est le nombre d’hectares de Surface Agricole Utile (SAU) que nous pouvons protéger de nombreux mésusages grâce aux nouvelle Dynamiques de Développement Économique par l’Alimentation Locale (new-DDEAL...). 
Ce sont également autant de terres agricoles soustraites à la compétition économique alimentaire mondiale qui ruine les possibilités d’auto-développement et de souveraineté alimentaire des pays "dits" non ou peu développés.

17 193 800 : c’est le nombre d’hectares de SAU nécessaires pour se nourrir localement si nous faisons évoluer notre régime alimentaire en diminuant notre consommation de viande rouge au profit de la viande blanche et des protéines végétales.

5 769 959 : c’est la surface agricole que cette évolution progressive vers un régime alimentaire moins carné pourrait dégager ; autant de terres agricoles que nous pourrions alors destiner aux autres fonctions "oeconomiques" (se loger, se vêtir, se chauffer, etc.). Celles dans lesquelles il nous faut investir et innover pour réaliser la nécessaire transition agricole telle que la dessinent certains scénarios d’alter-développement comme Afterre 2050.

Terre de Liens Normandie vous invite donc à

calculer le nombre de paysans que vous pouvez soutenir et installer près de chez vous

et à passer à l’action solidaire et écologiquement responsable ici et maintenant.


Source : Convertisseur Terre de Liens Normandie

Première mise en ligne sur Reporterre le 3 avril 2013.

Photo : Greenchamade

Ecouter par ailleurs : Qu’est-ce que Terre de Liens ?

Lire aussi : L’agriculture : un projet européen pour sortir des crises. Objectif : un million de nouveaux paysans et deux millions 9

Origine de l'info :

Combien d'emploi pour la seule ville d'Annonay .. 

Utilisation du CONVERTISSEUR ALIMENTAIRE de Terre de Lien Normandie

Combien de paysans et paysannes devriez-vous avoir dans votre commune (ou dans une commune proche), si vous relocalisiez progressivement votre consommation alimentaire?


Combien d'hectares de terres agricoles pourrions-nous protéger grâce à cette relocalisation alimentaire si nous installions de nouveaux agriculteurs en bio et/ou nous passions des « contrats de transition vers la bio » avec les agriculteurs conventionnels qui pourraient profiter de notre décision de relocaliser notre consommation ?

La vocation de l'outil de projection que nous vous proposons ici est de donner des éléments de réponses à ces questions.
A vous de vous en saisir, de le relayer autour de vous (famille, voisins, collègues, etc.) et de décider, nous l'espérons, derejoindre Terre de Liens pour, ensemble, redessiner le visage de nos campagnes.

Pour Annonay, le calculateur propose : 

nous protégeons 4476.47 ha de terre agricole

et nous installons 306 paysans-nes

et consolidons plusieurs installations de paysans-nes

Surfaces protégées
TOTAL 4 476,47 ha
Céréales 371,12 ha
Lait et viande bovine 1 823,79 ha
Légumes 57,71 ha
Légumes secs 44,34 ha
Fruit 85,63 ha
Pommes de terre 18,45 ha
Porcs 758,66 ha
Poulet de chair 502,61 ha
Poules pondeuses 167,20 ha
Rotation 646,97 ha
Paysans-nes installés
TOTAL 305,52
Paysans boulangers 60
Céréaliers 3
Eleveurs bovins 57
Maraichers 48
Arboriculteurs 11
Eleveurs de porcs 32
Eleveurs de volailles 95

Pour cela, les citoyens et les citoyennes des villes et des campagnes doivent tisser des liens de coopération économique équitables entre eux et les paysans: pour installer (investir ensemble dans l'acquisition de terres pour de nouveaux(elles) paysan-ne-s bio de proximité) et consommer en priorité les produits issus de ces nouvelles fermes.

D'une pierre, (au moins) trois coups :

  1. 1. je contribue à une installation agricole solidaire au plus près des sources d'eau à protéger;
  2. 2. je fais du commerce équitable de proximité avec mes nouveaux voisins paysans solidaires;
  3. 3. je dynamise les campagnes tout en protégeant la santé publique et en interdisant, grâce au développement de l'agriculture biologique, l'infiltration des polluants que la collectivité est ensuite obligée d'éradiquer de l'eau via de coûteuses dépenses dans des stations d'épuration pesant lourdement sur les finances publiques.

Pour le Pays de l'Ardèche Verte 78 644 habitants ça représenterait ceci : 1450 emplois directs.

nous pouvons protéger 20 802,91 ha en investissant ensemble dans la terre pour installer des paysan-ne-s bio.

 

Surfaces protégées
TOTAL 20 802,91 ha
Céréales 1 724,66 ha
Lait et viande bovine 8 475,46 ha
Légumes 268,18 ha
Légumes secs 206,05 ha
Fruit 397,94 ha
Pommes de terre 85,72 ha
Porcs 3 525,61 ha
Poulet de chair 2 335,73 ha
Poules pondeuses 777,00 ha
Rotation 3 006,56 ha
Paysans-nes installés
TOTAL 1 419,80
Paysans boulangers 279
Céréaliers 12
Eleveurs bovins 264
Maraichers 224
Arboriculteurs 50
Eleveurs de porcs 151
Eleveurs de volailles 440

DE L'ABSOLUE OBLIGATION DE PRESERVER LOCALEMENT DES SEMENCES ADAPTEES A NOS TERRES AGRICOLES.

Origine de l'article

C’est un mouvement mondial : du Brésil à la Grèce, en passant par le Périgord, des maisons et des banques coopératives de semences se multiplient. L’objectif : libérer les agriculteurs des droits de propriété imposés par l’industrie semencière, ne dépendre ni des OGM ni des pesticides, et cultiver la biodiversité. Plus de 300 paysans de quinze pays sont venus témoigner en France de leurs expériences collectives en faveur de la souveraineté alimentaire.

« Il faut nous organiser pour récupérer toutes les semences qui sont dans les banques de gènes et remettre ce trésor entre des mains sures, celles des paysans ». Au milieu d’une centaine de variétés de maïs, en plein cœur de la Dordogne, Bertrand Lassaigne raconte l’histoire de la première maison de semences paysannes en France. Installé depuis 20 ans près de Périgueux, Bertrand cultive principalement des céréales et des protéagineux – maïs, céréales à paille, soja, lentilles... Peu à peu, il développe son autonomie en semences et parvient en moins de dix ans à autoproduire la quasi-totalité de ses cultures, sauf en maïs où il continue chaque année d’acheter de la semence non reproductible qualifiée d’hybrides.

En 1999, une rumeur circule parmi les producteurs de maïs : des semences polluées par des OGM auraient été vendues. Bertrand Lassaigne, un des rares agriculteurs à produire du maïs bio, pressent la nécessité de trouver une alternative aux semences industrielles proposées par les semenciers. C’est le début d’un long chemin pour se réapproprier des savoirs-faire perdus. Pour éviter les OGM, il part chercher des semences au Guatemala. Et ramène onze variétés de maïs qu’il sème à son retour. Mais le résultat est décevant : les variétés collectées ne sont pas du tout adaptées au climat.

S’affranchir de l’industrie semencière

Le début du projet est laborieux. La difficulté de trouver de nouvelles variétés s’ajoute à un contexte réglementaire menaçant, qui ne permet ni la vente ni les échanges de semences [1]. Le travail de Bertrand se déroule dans une quasi-clandestinité ! Ce qui limite de facto la communication autour du projet. Mais le bouche-à-oreille fonctionne : plusieurs agriculteurs mettent à disposition « la variété de leurs aïeux ». Bertrand réalise lui-même les premiers croisements, donnant naissance à de nouvelles variétés. Au sein d’AgroBio Périgord, l’association de développement de l’agriculture biologique, Bertrand s’associe à d’autres agriculteurs et jardiniers pour créer la Maison des Semences Paysannes.

Onze ans plus tard, les résultats sont là. Leur maison de semences [2] compte plus d’une centaine de variétés de maïs adaptées aux conditions de l’agriculture biologique. Souvent plus riches en protéines, les variétés sélectionnées sont moins exigeantes en eau et plus résistantes aux maladies que les semences industrielles. Surtout, elles peuvent être replantées d’année en année, contrairement aux semences industrielles dont les droits de propriétés contraignent l’agriculteur à racheter ses semences l’année suivante.

Reportage en images sur la plateforme de maïs, près de Périgueux : Cf vidéo ci-dessus

 

Pour Bertrand Lassaigne, cette plateforme d’expérimentation de variétés de maïs n’aurait pas connu un tel développement sans un voyage d’échange au Brésil en 2004. Il en ramène des techniques, mais aussi un concept, celui des « maisons de semences ». Au Brésil, le terme « maison » est à prendre au sens propre : les semences sont gardées chez l’un des membres du groupe. Pour Bertrand, la maison de semences est davantage un concept. Les variétés sont cultivées, sélectionnées et multipliées dans les champs des agriculteurs.

Comment tout cela marche ? L’agriculteur emprunte un lot de semences à la période des semis et s’engage à retourner à la maison de semences d’Agrobio Périgord un volume supérieur de semences après récolte, ainsi que des notations de suivi de culture. Un lieu de stockage de semences existe à proximité de la plateforme d’expérimentation. Mais pour Bertrand, ce qui fait la richesse de cette « maison », c’est le réseau d’agriculteurs qui la fait vivre : 300 agriculteurs du grand Ouest de la France.

Un kit de semences pour la biodiversité

« Le fondement de la biodiversité, c’est l’échange », confirme Ivan José Canci, un agriculteur brésilien venu tout spécialement en Dordogne pour les Rencontres internationales des maisons de semences, qui se sont déroulées en septembre dernier [3]. Ivan José est impliqué dans un travail sur les variétés locales – un « Kit diversité » – dans l’État de Santa Catarina, au sud du Brésil. L’enjeu est de rendre autonomes les communautés rurales en production de semences. Le kit comprend dix variétés de riz, quatre de maïs, deux de pop corn, deux de pommes de terres, une de pastèque. Chaque famille est en charge de la production d’une variété « créole » [4] pour le reste de la communauté. Plus de 650 familles sont aujourd’hui impliquées. « Développer nos variétés créoles est une façon de lutter contre le modèle agrochimique », assure Ivan José.

A ses côtés, Maria Giselda, venue de l’État de Paraíba, à l’Est du Brésil. Aux yeux de cette agricultrice, les OGM constituent une réelle menace pour l’autonomie. C’est la raison pour laquelle elle est investie dans une des 230 banques communautaires de semences que compte l’État de Paraíba. « Chaque agriculteur est le gardien de sa propre banque et doit faire en sorte qu’elle ne soit pas contaminée par les OGM », explique-t-elle. Chacune de ces banques est autogérée par 10 à 20 familles. Les agriculteurs déposent un premier « capital » de semences, pour pouvoir lancer l’activité de la banque. Les familles qui en ont besoin en empruntent puis alimentent à leur tour la banque après la récolte. « C’est en créant ces banques communautaires de semences que le gouvernement Lula a fini par nous soutenir », confie Maria. Elle est convaincue que sans la pression de la société civile, les politiques publiques de soutien à l’agriculture paysanne n’auraient pas vu le jour au Brésil.

Gardiennes de semences en Inde

« Tant que la nourriture n’est pas produite au niveau communautaire, un pays ne peut pas être en situation de sécurité alimentaire ». C’est le constat dressé par Laxmi, une paysanne du village d’Humnapur sur le plateau du Deccan, au Sud de l’Inde. Propriétaire d’un hectare, elle a toujours conservé ses semences pour les cultures de l’année suivante. « J’ai constaté que les semences hybrides données par le gouvernement détruisaient la santé des sols et de l’environnement. Il y a dix ans, nous nous sommes réunies avec les femmes du village et nous avons décidé d’abandonner les hybrides sur nos parcelles et de récupérer les semences développées au fil des générations. » Ensemble, elles deviennent les gardiennes de semences qu’elles récoltent dans les champs et qu’elles conservent, prêtent, empruntent et échangent.

Aujourd’hui, plus de 5 000 femmes, issues de 75 villages de la région, gèrent 55 banques de semences communautaires avec le soutien de l’ONG Deccan Development Society. 85 variétés sont cultivées sur un millier d’hectares, sans recours aux pesticides chimiques. « Nous ne sommes plus victimes des créanciers, ni des grands agriculteurs auprès desquels il fallait quémander nos semences, se réjouit Laxmi. Désormais, ce sont nos connaissances qui nous nourrissent ». Ces gardiennes de « semences d’espoir » voient l’avenir avec confiance. Bien que le Deccan soit une région semi-aride exposée à de graves sécheresses, elles ont développé des semences adaptées à une grande variété de conditions climatiques.« Nous sommes heureuses de partager nos semences, mais si des entreprises de l’agrobusiness viennent revendiquer un droit de propriété, nous nous battrons contre elles », promet Laxmi.

Faire de l’Afrique une terre nourricière

C’est justement pour faire face à l’invasion des OGM et à des réglementations menaçant les semences paysannes que plusieurs associations et syndicats ont décidé de mettre en place le Comité ouest-africain des semences paysannes (COASP), en novembre 2011. Pour son coordinateur au Togo, Jacques Nametougli, il n’y a aucun doute, « les paysans sont en train de s’organiser pour assurer la souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest comme ailleurs ». Jacques est originaire de Cinkassé, une ville frontière avec le Burkina Faso et le Sahel. Là-bas, la monoculture de coton et la rudesse du climat ont poussé les jeunes à l’exode rural. En 1999, Jacques décide de quitter son poste de responsable de formation dans un Centre de développement rural pour s’installer sur des terres en location. « C’était un terrain où rien ne poussait, mais je voulais montrer que nous pouvions en faire une terre nourricière », témoigne-t-il.

Les premiers résultats sont décourageants. Mais Jacques développe aujourd’hui du maraîchage et accueille des jeunes pour leur montrer qu’une agriculture vivrière peut permettre une vie décente en milieu rural. En une décennie, plus de 600 personnes se forment et s’installent dans le village de Cinkassé. Jacques ne veut pas en rester là. Il veut aussi agir contre les produits chimiques qui ruinent économiquement les agriculteurs. Il se rend dans plus de 50 villages pour les sensibiliser sur l’autonomie et impulse la création en 2010 de l’Union des groupements agro-écologistes pour le maintien du patrimoine local (UGAMPL). Ses membres recherchent, collectent, conservent et valorisent les variétés locales de céréales. Peu à peu, la dynamique s’oriente aussi vers la production de semences maraîchères, comme le gombo ou l’oignon violet de Galmi. Après avoirs recensé plus de 150 variétés dans la région, Jacques projette la création d’une maison de semences dans laquelle les intrants chimiques seront bannis.

Un mouvement mondial

Ce fort mouvement de retour aux semences paysannes, Antonis Breskas le constate aussi en Grèce. Membre de l’association Peliti, il participe avec 220 autres « conservateurs de variétés » à la distribution gratuite de semences dans tout le pays. Malgré le manque de moyens financiers, Antonis s’emploie à répondre aux demandes qui se multiplient avec la crise économique. La solidarité, la réciprocité et les dons sont au cœur de la démarche de cette association, qui n’attend en retour aucune rétribution financière. Avec une collection riche de plus de 2 000 variétés, Antonis a entamé l’an dernier avec les autres paysans la construction d’une maison de semences, qui abritera également les bureaux de l’association.

Cette dynamique collective d’échange et de production de semences ou de plants s’étend à d’autres pays, comme l’Iran (lire notre entretien), l’Autriche, la Hongrie ou la Roumanie. Des délégations de quinze pays sont venues témoigner de leurs expériences à Périgueux en septembre, pour ne pas laisser la souveraineté alimentaire entre les mains des sociétés commerciales. « L’idée, c’est d’occuper le territoire, résume Bertrand Lassaigne, le paysan de Dordogne. Plus il y aura d’agriculteurs qui sèmeront leurs propres semences, plus il y aura de surfaces semées nécessitant peu d’eau et de produits phytosanitaires, plus les semences paysannes pourront sortir de la clandestinité ».

Reste la question de la diffusion des savoirs-faire, balayés par la « révolution verte ». 99 % des agriculteurs français ne sauraient plus produire leurs semences, selon l’association Agrobio Périgord. Sur sa plateforme d’expérimentation, Bertrand Lassaigne et son équipe assurent être prêts à aider les agriculteurs à cette réappropriation des savoirs et à la création de nouvelles maisons de semences paysannes. Bretagne, Pays de Loire, Rhône-Alpes, Aquitaine... dans toutes les régions de France, les maisons de semences paysannes, gérées localement par les paysans et les communautés, se multiplient.

Sophie Chapelle

Crédit photo : Bio d’Aquitaine

 

P.S : Plus d’informations sur la maison de semences de l’association Agrobio Périgord en cliquant ici.

 

COMMENT LES MULTINATIONALES COMPTENT NOUS ASSERVIR.

HOLD-UP 
SUR
L’ALIMENTATION


Comment les sociétés transnationales
contrôlent l’alimentation du monde,
font main basse sur les terres
et détraquent le climat

Paru fin 2012, le livre de l'organisation GRAIN tente d'apporter un éclairage sur ces sociétés transnationales qui contrôlent l'alimentation du monde, qui font main basse sur les terres (sujet traité ici) et détraquent le climat.

Il montre notamment comment ces grands groupes parviennent à mettre la main sur les systèmes de production et de distribution tout en détruisant les systèmes alimentaires locaux.

 le télécharger  gratuitement au format PDF.

Il est aussi possible de le commander au format papier sur http://www.grain.org/fr

ACCELERATION DE LA PERTE DE CONFIANCE DES FRANCAIS VIS A VIS DES POLITIQUES

origine de l'article :

Source : Cevipof.Source : Cevipof. | Infographie "Le Monde"

Pendant la campagne présidentielle, François Hollande ne manquait jamais une occasion de le rappeler : "Je suis le candidat de la confiance." Meeting après meeting, il affichait cette ambition : "Je veux redonner confiance à la France." Huit mois après son élection, force est de constater qu'il a échoué. C'est ce que montre la dernière vague "baromètre de la confiance politique", publiée mardi 15 janvier 2013 par le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), en partenariat avec le Conseil économique social et environnemental.

Réalisée par Opinionway du 5 au 20 décembre 2012 auprès d'un échantillon de 1509 personnes représentatif de la population française en âge de voter, cette enquête est d'autant plus intéressante qu'elle est la quatrième de ce type depuis 2009, ce qui permet de mesurer les évolutions – parfois très nettes – de l'état d'esprit des Français au cours de la période.

CRISE ET DÉCEPTION

En l'espace de trois ans, la dégradation de leur moral est patente.

32 % des personnes interrogées se disent aujourd'hui gagnées par la "méfiance" : elles étaient 27 % fin 2009.

Quant au sentiment de "morosité", il touche désormais 31 % de la population (+ 6 points).

"En 2009, le niveau de défiance était déjà très élevé. Il est devenu vertigineux", observe Pascal Perrineau, directeur du Cevipof, qui voit à cela deux raisons : "l'enracinement de la crise" et "la déception qui a suivi la présidentielle".

Contrairement aux espoirs de M. Hollande, l'alternance n'a pas permis d'enrayer la progression de la "défiance", tout au moins de la défiance vis-à-vis du pouvoir.

En octobre 2011, 83 % des Français estimaient que les responsables politiques ne se préoccupaient pas d'eux.

L'on aurait pu penser que la présidentielle, avec l'ouverture d'un cycle de réformes, ferait baisser ce sentiment.

Il n'en est rien : désormais, 85 % des Français estiment que leurs dirigeants ne tiennent pas compte de leur avis.

En trois ans, l'image que se font les citoyens de leurs institutions s'est beaucoup dégradée.

Fin 2009, trois d'entre elles bénéficiaient d'un niveau de confiance supérieur à 50 % : le conseil municipal, le conseil général et le conseil régional.

Seul le premier reste dans ce cas, mais lui non plus n'a pas résisté au doute général : depuis 2009, la proportion des Français qui font confiance à leurs élus municipaux est passée de 66 % à 56 %.

Source : Cevipof.

Cette crise qui touche tous les étages de la représentation politique a un corollaire:

le sentiment que la démocratie fonctionne mal. 54 % des Français sont de cet avis. Ils étaient 48 % fin 2009.

Si rien ne semble en mesure de les immuniser contre le poison du désenchantement démocratique, les Français continuent néanmoins de faire confiance aux personnes qu'ils connaissent, aux membres de leur famille et à leurs voisins. La confiance en soi a aussi tendance à progresser. 61 % considèrent ainsi qu'ils ont le contrôle de leur propre vie (+ 3 points en trois ans).

De plus en plus morose, de plus en plus inquiète pour son avenir, la société française n'est donc peut-être pas devenue pour autant une "société de défiance", pour reprendre une expression des économistes Yann Algan et Pierre Cahuc. C'est ce que pense Pascal Perrineau, pour qui le phénomène intéressant tient précisément à ce "clivage croissant, souvent au sein du même individu entre une "confiance pour l'en-bas" et une "méfiance vis-à-vis de l'en-haut"".

Source : Cevipof.

Pour le directeur du Cevipof, cette opposition grandissante entre la confiance qu'inspire ce qui est proche et la méfiance que suscite ce qui paraît lointain est une clé de compréhension majeure de la société française. D'une façon générale, ce qui est considéré comme identique rassure, alors que ce qui est perçu comme différent inquiète, et ce de plus en plus. De ce point de vue, l'exemple de la peine de mort est saisissant : entre décembre 2009 et octobre 2011, la part de Français qui se disaient favorables à son rétablissement était passée de 32 % à 35 % ; au cours de la seule année écoulée, elle est passée de 35 % à 45 %.

En trois ans, les valeurs d'ordre ont progressé tous azimuts, parfois fortement. Fin 2009, 49 % des électeurs pensaient qu'il y avait trop d'immigrés en France : ils sont 65 % aujourd'hui. A l'époque, ils étaient 73 % à faire confiance aux personnes ayant une religion différente de la leur : ils sont désormais 68 %. Enfin, 58 % des personnes interrogées estimaient alors que les couples homosexuels devaientavoir le droit de se marier : ils ne sont plus que 52 %.

MOINS DE CONTRAINTES ÉCONOMIQUES

Moins libéraux sur le plan culturel, les Français le sont en revanche davantage sur le plan économique. Là aussi, les évolutions sont fortes et rapides. A la question :"Pensez-vous que l'Etat doit faire confiance aux entreprises et leur donner plus de liberté ?", la part des Français répondant "oui" avait légèrement baissé entre 2009 et 2011 (de 43 % à 41 %). Depuis, la courbe s'est inversée : ils sont désormais 53% à partager cette opinion.

Quant à la question : "Pensez-vous que le capitalisme doit être réformé en profondeur ?", elle recueille 41 % de réponses positives, contre 49 % il y a un an.

Enfin, les Français ne sont plus que 53 % à penser que, "pour rétablir la justice sociale, il faut prendre aux riches pour donner aux pauvres" : ils étaient 73 % il y a un an.

Davantage d'autorité dans la sphère sociétale mais moins de contraintes sur la scène économique : sept mois après l'élection présidentielle, les valeurs qui progressent dans la société française sont en profond décalage avec ce qui, ces dernières décennies, a constitué le substrat idéologique dominant de la gauche.

On mesure l'ampleur du défi pour M. Hollande : il doit redonner confiance à un pays qui l'a perdue, mais le faire dans un contexte où de moins en moins de Français semblent partager les valeurs traditionnellement défendues par sa famille politique.

Thomas Wieder

DE L'URGENCE DE LA PRESERVATION DES SOLS

Vote de la loi d’avenir agricole : arrêtons de bétonner nos terres nourricières !

Pétition de Filière Paysanne : origine de l'article en savoir plus : filière paysanne.

Dans le cadre du vote en cours de la loi d’avenir agricole, nous demandons aux responsables gouvernementaux de prendre des mesures rapides et efficaces pour stopper l’artificialisation (1) de nos précieuses terres nourricières.

L’urbanisation incontrôlée de notre territoire fait disparaître, en moyenne, 78 000 ha de surfaces agricoles par an. Ce phénomène est d’autant plus préoccupant qu’il s’est accéléré au cours de ces dernières décennies. Il équivaut, aujourd’hui, à la surface moyenne d’un département entier tous les 7 ans, ou à un stade de football toutes les 5 minutes.

L’incroyable gaspillage de cette ressource naturelle a de graves conséquences pour notre pays, à la fois sur le plan économique, social et environnemental :

  • - affaiblissement de notre filière agricole et agro-alimentaire (premier employeur national), qui fragilise de nombreux territoires ruraux, en particulier les territoires périurbains,
  • - déficit de notre balance commerciale agricole (hors vins et spiritueux),
  • - imperméabilisation des sols aggravant les phénomènes d’inondations dans de nombreuses régions, avec des conséquences humaines et économiques de plus en plus lourdes,
  • - limitation des infiltrations indispensables pour l’épuration des eaux, le recyclage d’effluents divers, et la régénération de nos nappes phréatiques,
  • - perte de capacité de nos sols à stocker du carbone sous forme de matière organique,
  • - diminution de la biodiversité présente dans les zones agricoles,
  • - détérioration de notre cadre de vie, de nos paysages et de notre attractivité touristique,
  • - régression de notre agriculture de proximité, de la qualité et de la diversité de notre alimentation, et de notre identité gastronomique et culturelle, à la fois locale et nationale,
  • - rallongement de nos circuits d’approvisionnement, qui participe à l’augmentation du transport de marchandises sur longue distance, avec de multiples nuisances.

Au-delà de nos frontières, ce gaspillage français accroît la dépendance alimentaire de l’Europe vis à vis de l’extérieur (face à un marché agricole mondial de plus en plus spéculatif et à une concurrence toujours plus vive pour l’accaparement des terres).

QU'EST-CE QUE LA SECURITE, L'AUTOSUFFISANCE, LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE 

Origine de l'info :

autosuffisance alimentaire, souveraineté alimentaire et sécurité des aliments

La sécurité alimentaire est un concept qui recouvre quatre dimensions principales :
• La disponibilité en quantités suffisantes de nourriture de nature et qualité
appropriée dans toutes les portions du territoire national, quelle que soit la
provenance de cette nourriture (production locale, importation ou aide
alimentaire),

• L’accès de toute personne aux ressources nécessaires pour pouvoir acquérir les
aliments nécessaires à un régime alimentaire nourrissant. Ces ressources
comprennent tant les ressources monétaires que les droits d’accès nécessaires
pour produire des aliments,
• La stabilité de l’accès à la nourriture, c’est-à-dire que l’accès à la nourriture de la
population ne peut pas être mis en cause par un quelconque choc naturel ou
économique,
• Une utilisation satisfaisante de la nourriture qui ne soit pas menacée par des
problèmes de santé (eau potable, sanitaires ou infrastructure médicale).

Le concept de sécurité nutritionnelle complète celui de sécurité alimentaire en y
ajoutant la disponibilité de services de santé et de la connaissance par la population
des bonnes pratiques nécessaires à une bonne santé des membres du foyer,
indispensables au plein développement de leur potentiel. La sécurité nutritionnelle
inclut également l'élimination des principales carences en minéraux et vitamines, qui
sont souvent associées et s'aggravent mutuellement.

Sécurité alimentaire, autosuffisance alimentaire, souveraineté alimentaire et sécurité des aliments


La sécurité alimentaire est souvent confondue avec l’« autosuffisance alimentaire »,
la « souveraineté alimentaire » ou la « sécurité des aliment s». Il convient donc de
procéder ici à quelques distinctions utiles.

CONTAMINATION DES EAUX SOUTERRAINES PAR LES PESTICIDES :

Les pesticides sont utilisés en grandes quantités depuis les années 50 par l’agriculture intensive.Cette forte utilisation entraine une présence de résidus de pesticides partout: dans l’eau bien sûr, mais aussi dans l’air, les brouillards et l’eau de pluie !

Les pesticides sont également présents dans nos aliments: près de 50% des fruits et des légumes produits par l’agriculture intensive en contiennent.

Ils finissent dans nos organismes, apportés là par l’eau, l’air et les aliments consommés. 

Nos organismes hébergent ainsi des centaines de molécules toxiques dont de très nombreux pesticides.

Ces pesticides posent un véritable problème de santé publique, et pas seulement pour les utilisateurs qui sont les plus exposés, mais aussi pour la population générale.

En effet, les effets de faibles quantités de pesticides, en mélange, pendant des périodes longues posent de nombreux problèmes de santé. L’épidémiologie nous montre ainsi que les personnes exposées aux pesticides ont plus de risque de développer de nombreuses maladies que les autres : cancer, malformations congénitales, problèmes d’infertilité, problèmes neurologiques ou encore système immunitaire affaibli sont plus fréquent chez eux !

Face à cette situation, quelles solutions?

>>>> Mieux évaluer les pesticides pour interdire tout ceux qui présentent un potentiel toxique pour l’homme avéré ou même suspecté et surtout

>>>> diminuer considérablement l’usage des pesticides en changeant d’urgence le type d’agriculture pratiquée dans notre pays et promouvoir les alternatives aux pesticides !

Découvrez notre dossier complet sur les pesticides! ICI sur le site des Générations Futures

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/degradation/06_polluti...

http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar...


LA QUASI TOTALITÉ DES RÉSERVES D’EAU FRANÇAISES CONTAMINÉES PAR LES PESTICIDES


Dans une étude datée du 22 juillet dernier, le Commissariat général...

Origine de l'info :

carte-pesticides-cours-eau

Pire encore, les réserves du sous-sol sont également atteintes. Selon l’étude :

« les contaminations des nappes phréatiques par les pesticides sont essentiellement localisées, pour les plus fortes, en région Centre, dans les Charentes, le Vaucluse, les Alpes de Haute-Provence, en Martinique, ainsi qu’au Sud de la Guyane et de Basse Terre en Guadeloupe, avec des concentrations totales de pesticides dépassant 0,5 µg/l (norme de qualité DCE). Au nord de l’Hexagone, en nord Bretagne, dans le couloir rhodanien et le Sud-Ouest, les concentrations totales en pesticides des nappes sont fréquemment supérieures à 0,1 µg/l. Les nappes sous couverture argileuse (en Aquitaine et à l’est du bassin parisien) et les nappes de montagne, est et sud du Massif Central, Pyrénées, Alpes, sont les plus préservées puisqu’aucun pesticide n’y est détecté. »

Dans les zones de cultures intensives comme le Bassin parisien, le Sud-Ouest et le nord de la France, certains secteurs dépassent les 5 microgrammes par litre, seuil au-delà duquel l’eau est « impropre à la fabrication d’eau potable ». Plus de 20 pesticides différents ont été décelés sur 18% des points de mesure, précise le Commissariat.

Les conséquences sont maintenant factuelles. Ainsi, ma commune, Saint Jean-de-la-Ruelle (~17000 habitants), au Nord Ouest dans l’agglomération d’Orléans, était « branchée » sur un approvisionnement en eau potable arrivant de la fameuse nappe de Beauce. Mais suite à la pollution, en 2008, un accord a du être signé avec la ville d’Orléans et le Maire communiquait ainsi :

Une décision responsable dans l’intérêt des stéoruellans
Depuis le 4 juillet, les habitants de Saint Jean de la Ruelle sont approvisionnés en eau potable par la ville d’Orléans, à partir des ressources de l’usine du Val.
En effet, l’eau fournie par les forages de la ville présentait une teneur croissante en nitrates et dépassait les normes prescrites par la DDASS, de façon permanente sur 2 forages. Par ailleurs, la ville n’avait pas de solution interne, tous les forages étant condamnés car non protégeables. Après des études et de nombreux débats, il était de notre responsabilité d’agir et nous avons pris la seule décision possible à court terme, permettant de fournir aux habitants une eau de qualité.
Il s’agissait pour les élus du conseil municipal, d’une question de responsabilité et de santé publique et je me félicite qu’aujourd’hui les stéoruellans puissent consommer une eau de qualité.
Par ailleurs, ainsi que je m’y étais engagé, la distribution de l’eau potable à Saint Jean de la Ruelle reste et restera un service public municipal géré en régie directe.

Votre maire,
Christophe Chaillou

Conséquences : afin d’équilibrer les dépenses dues au changement de mode d’approvisionnement du réseau d’eau potable, une hausse des tarifs a été nécessaire. Elle fut lissée sur trois ans pour en réduire l’impact sur les budgets des ménages. Le tarif de l’eau et le droit d’abonnement ont augmenté de 6.90% en 2008, mais cette hausse fut compensée cette année-là par la baisse de la redevance pollution (!).

En 2012, année de sécheresse, le Président de la FNSEA, Xavier Beulin, demandait la création de retenues d’eau qu’il présentait comme une réponse pérenne à la sécheresse en se plaignant de « tracasseries administratives » et de « l’écologie punitive ».

A priori, monsieur Beulin, la punition ne vient pas de l’écologie, mais d’une agriculture intensive épuisant nos ressources, dont vous êtes le fier héraut.

Les écologistes lui avaient répondu de manière factuelle et documentée, par la voix de Gilles Deguet (Vice-Président au Conseil de la Région Centre) :

"Notre système agricole est confronté à un double défi : il faut d’une part produire de l’alimentation pour nourrir la population, et d’autre part il faut le faire dans un contexte où les facteurs de production (eau, sol, énergie fossile…) sont et seront de plus en plus rares.

"Depuis les années 60 l’agriculture a augmenté sa productivité, mais le modèle qui a été utilisé repose sur une forte consommation d’eau, de produits phytosanitaires (néfastes pour la santé et le bon état des écosystèmes) et d’engrais de synthèse produits à partir d’énergie fossile. La Politique Agricole Commune a largement contribué à l’adoption de ce modèle de production.

"Aujourd’hui, ce modèle n’est clairement plus adapté : les ressources fossiles s’épuisent, les ressources en eau qui sont déjà largement surexploitées risquent de diminuer du fait du changement climatique. Les consommateurs qui achètent les produits et les citoyens qui paient pour la PAC veulent une agriculture qui préserve leur santé et leur environnement et non l’inverse. C’est malheureusement très loin d’être le cas.
"Ainsi, Le Commissariat Général au Développement Durable évalue le coût complet du traitement annuel des excédents en nitrates et pesticides d’agriculture et d’élevage dissous dans l’eau entre 54 et 91 milliards d’euros par an ! Soit cinq fois plus que le solde positif de notre balance agroalimentaire !"

Monsieur Beulin a une bête noire : les écologistes, comme le montre ses petites interventions politiciennes, comme un accusateur encart dans la République du Centre en période électorale où il expliquait tout le mal que représentait EELV à ses yeux.

Les écologistes ne s’axent pas en terme de bêtes noires, mais d’objectif : améliorer le quotidien de chacune et chacun dans le respect de toutes et tous. Voilà notre grande différence.


Qu'est-ce qu'une conference de citoyens ? par institutmontaigne


Yves Sintomer, chercheur au CNRS /Université de Paris 8, nous livre son point de vue sur l'avis produit par les citoyens ainsi que sur la méthodologie utilisée pour l'organisation de cette expérience.

Conference de citoyens.fr

Menus alternatifs pour les écoliers

Le personnel prépare des croquettes à base de pois chiches. - Le personnel prépare des croquettes à base de pois chiches.

Le personnel des cantines du Pays Val de Creuse-Val d’Anglin se forme à la préparation de repas végétariens à base de produits locaux.

Salade de betteraves aux pommes,

croquettes de pois chiches,

ratatouille,

riz au lait.

Une fois n'est pas coutume, les élèves de l'école George-Sand ne mangeront pas de viande à midi.

Ce déjeuner, préparé par douze cantiniers de différents établissements, entre dans le cadre d'une opération encadrée par le Centre permanent d'initiative à l'environnement (CPIE) d'Azay-le-Ferron : l'introduction de produits locaux dans les menus.

Des protéines végétales à la place de la viande

Cet accompagnement, débuté il y a trois ans au niveau du Pays Val de Creuse - Val d'Anglin, porte déjà ses fruits dans le canton d'Argenton puisque les établissements primaires du chef-lieu et de Mosnay jouent régulièrement le jeu.


L'objectif est d'étendre la démarche.

Aussi une formation à la préparation de menus alternatifs était-elle organisée, mercredi, à l'école George-Sand, en partenariat avec la Ville d'Argenton. 

« Les gestionnaires des cantines se trouvent confrontés à quelques freins, dont le surcoût des produits, explique Clément Chomeau, chargé de mission du CPIE. Nous leur proposons donc de remplacer la viande et le poisson par des protéines végétales. » 

Sa collègue, Nathalie Policard, a présenté les enjeux d'un tel choix et tout le monde s'est activé aux fourneaux pour préparer le repas du jour.
Après un déjeuner visiblement apprécié par les enfants du centre de loisirs et les stagiaires, ces derniers ont appris à élaborer leurs propres menus équilibrés.

« Il faut maintenant expliquer aux parents qu'absence de viande ne veut pas dire absence de vitamines », constatait Sylvie Duchemin, cantinière au Menoux.

Les participants, venus également de trois collèges, se retrouveront en décembre pour une session consacrée aux légumes d'hiver.

Une initiative saluée par Jérémie Godet, l'adjoint au maire chargé des affaires scolaires et de la jeunesse :

« Il faut continuer le travail entrepris et le renforcer en faisait admettre un changement des habitudes alimentaires ». A elle seule, la ville d'Argenton nourrit chaque jour 360 élèves.

Jean-Michel Bonnin

Un exemple d'action locale par les producteurs agriculteurs locaux sur la nécessité d'une solidarité ville campagne.

 

Dans le cadre d’une opération « manger français », une délégation de jeunes agriculteurs est venue vérifier ce mercredi matin les frigos du CCAS (centre communal d’action sociale) d’Annonay. Ils réclament que deux tiers des produits soient d’origine française.
Verdict ? Plus de la moitié des produits serait d’origine française. La vérification se poursuit. Légumes, viandes : tout est passé au crible.
Un peu plus tard, les jeunes agriculteurs sont allés vérifier la provenance des produits dans les cuisines du centre hospitalier d Annonay.

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