Pour une démocratie directe locale

Face à la mutation sociétale en cours : l'élévation de nos démocraties

L'anti modèle Allemand ! qui inspire certains français ..

Comme toujours, lorsqu'il y a une rengaine qui occupe l'espace masse-médiatique et la bouche des tenant de la politique nationale qui parlent sans cesse avec les mêmes faits de langage alors il est bon d'avoir le réflexe intellectuel : "y a entour-loupe, et quelle est telle ?" !

Après les lois Macron, Rebsamen et El-Khomri sous le précédent quinquennat, le gouvernement d’Edouard Philippe prépare une réforme encore plus profonde du droit du travail, précédant une remise à plat de l’assurance chômage. Ce big bang annoncé a un modèle : les réformes « Hartz », engagées en Allemagne au début des années 2000, aujourd’hui parées de toutes les vertus par de nombreux commentateurs avec, en apparence, l’un des taux de chômage les plus bas d’Europe. La réalité des chiffres montre au contraire que ces réformes du marché du travail n’ont pas radicalement réduit le chômage et la sous-activité et, surtout, ont provoqué une explosion des travailleurs pauvres, dont le nombre est l’un des plus élevés d’Europe........

Voici quelques arguments relevés des articles postés ci-bas :

"1 enfant sur 3 vit en dessous du seuil de pauvreté à Berlin." (2013)

"La politique allemande de compétitivité par les salaires est épinglée.

L'Organisation internationale du travail (OIT) y voit "la cause structurelle" de la crise en zone euro, dans un rapport publié mardi 24 janvier. Le Monde.fr avec AFP | 24.01.2012

"L'amélioration de la compétitivité des exportateurs allemands est de plus en plus identifiée comme la cause structurelle des difficultés récentes dans la zone euro",

Ces réformes ainsi que les gains de compétitivité de l'économie allemande sont régulièrement présentés par Berlin comme un modèle à suivre par les autres pays. Le président français Nicolas Sarkozy a notamment vanté le modèle allemand ces dernières semaines.

L'OIT y voit au contraire un frein à la croissance européenne. "Les coûts du travail en Allemagne ont chuté depuis une décennie par rapport aux concurrents, mettant leur croissance sous pression, avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques".

"La politique de déflation salariale a [...] conduit à un accroissement des inégalités de revenus, à une vitesse jamais vue, même durant le choc de l'après réunification"

l'écart des inégalités sociales s'est accru en Allemagne, et un Allemand sur sept est aujourd'hui menacé de pauvreté.

L'économie se porte bien en Allemagne, où le nombre de chômeurs recule. Et pourtant, un Allemand sur sept est aujourd'hui menacé de pauvreté. En République fédérale, l'écart se creuse entre riches et pauvres.

Les 10% d'Allemands les plus fortunés se partagent 53% de la richesse nationale. Les 50% les plus pauvres ne possèdent que 1% de la richesse du pays, contre 3% voici 10 ans."

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En France : "L'extrême-droite veut faire des chômeurs des travailleurs gratuits"

Nicolas Sarkozy avait fait la même proposition lors de sa campagne en 2007. Il avait déclaré vouloir que « les titulaires d’un minimum social aient une activité d’intérêt général, afin d’inciter chacun à prendre un emploi, plutôt qu’à vivre de l’assistanat », et glorifiait la « liberté et la dignité » que procure le travail.

Les mêmes mots que ceux de Bompard, qui tient son argument pour que l’UMP soutienne son texte.

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La justice britannique condamne le travail gratuit et forcé :

Deux chômeurs de 24 et 40 ans, contraints d'aller travailler gratuitement pour mériter le versement de leurs allocations, ont refusé ce chantage et osé porter plainte contre le gouvernement. Ils ont finalement obtenu gain de cause.

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Allemagne : la pauvreté grimpe à un niveau inédit

Le taux de pauvreté s’est élevé à 15,2 % en 2012. Du jamais vu. L’écart entre riches et pauvres augmente de façon significative et le fossé entre régions prospères et régions pauvres s’élargit. (origine de l'article)

 

Une personne sur sept est pauvre ou menacée de pauvreté en Allemagne - Reuters*

Comparé à ses voisins, l’Allemagne a bien surmonté la crise.

Et pourtant, cela n’empêche pas le pays d’être touché par une forte hausse de la pauvreté, qui a même atteint un niveau record en 2012, s’alarme la très respectée « Paritätische Gesamtverband », une fédération regroupant quelque 10.000 associations actives dans le domaine de l’aide sociale et de la santé.

« Le taux de pauvreté, à 15,2%, a atteint un nouveau et triste record en 2012 », souligne l'édition 2013 du rapport annuel de cette organisation, qui s'appuie sur des données de l'institut allemand des statistiques (Destatis).

« Une personne sur sept est pauvre ou menacée de pauvreté », avec un revenu inférieur à 60% du revenu médian, a noté Ulrich Schneider, le président de la fédération, en relevant la hausse quasi-constante du taux de pauvreté depuis 2006.

Le fait que la pauvreté ne cesse de progresser alors que le chômage diminue « pointe du doigt le gonflement des emplois à bas salaire, la baisse des emplois à plein temps soumis à cotisations sociales, la hausse du temps partiel et des conditions d'emploi précaires depuis dix ans, a estimé Ulrich Schneider.

« L'Allemagne n'a jamais été aussi profondément divisée qu'aujourd'hui », a-t-il lancé. Non seulement l'écart entre riches et pauvres « a significativement augmenté en Allemagne », mais en plus « le fossé entre régions prospères et régions pauvre s'approfondit et s'élargit », a-t-il ajouté. Ainsi, le taux de pauvreté dépasse à peine 11% dans les riches Etats régionaux du sud (Bavière, Bade-Wurtemberg) mais dépasse 20% dans plusieurs Etats du nord (Berlin, Brême, Saxe-Anhalt et Mecklembourg-Poméranie Occidentale). « Des centres pour jeunes ou personnes âgées, des bibliothèques, des piscines ferment dans beaucoup d'endroits », s'alarme le rapport.

« Spirale du déclin »

« Des régions entières sont plongées dans une spirale du déclin », a martelé Ulrich Schneider, pour lequel la région de la Ruhr, ancien bastion industriel de l'Ouest de l'Allemagne, pose le plus de problèmes.

Il a apporté son soutien au projet du nouveau gouvernement allemand d'introduire un salaire minimum universel en Allemagne , pays qui en est dépourvu. Le gouvernement de coalition entre conservateurs et sociaux démocrates a prévu de fixer à 8,50 euros de l'heure la rémunération minimum à partir de 2015. Le pouvoir d'achat moyen des salariés en Allemagne a baissé sur les neuf premiers mois de 2013, a annoncé par ailleurs jeudi l'institut des statistiques dans un communiqué.

Origine de l'info

Allemagne: Merkel place la justice sociale au coeur de son action

La chancelière Angela Merkel a présenté mercredi les projets de son gouvernement, marqués par un souci de justice sociale, défendant notamment une amélioration coûteuse des retraites sévèrement critiquée par les milieux économiques et l'introduction d'un salaire minimum.

Dans un discours d'une heure aux députés, la chancelière est revenue sur tous les chantiers qui attendent son troisième gouvernement qui associe son parti conservateur avec les sociaux-démocrates depuis mi-décembre.

Le gouvernement Merkel III veut "mettre les gens au coeur de (son) action", a asséné Mme Merkel, énumérant ses projets: réforme des retraites, salaire minimum, double nationalité et refonte de la transition énergétique. S'exprimant assise, en raison d'une blessure au bassin contractée suite à une chute à skis durant ses vacances de Noël, elle a multiplié les références à l'"économie sociale de marché" chère aux Allemands, qui allie liberté d'entreprendre et Etat-providence fort.

Le conseil des ministres a approuvé jeudi matin un projet de réforme qui abaisse l'âge de la retraite à 63 ans pour les actifs ayant cotisé 45 ans. Mme Merkel revient ainsi partiellement, sous la pression des sociaux-démocrates, sur une grande réforme de son premier gouvernement avec les sociaux-démocrates (2005-2009).

En 2007, c'est une "grande coalition" dirigée par Mme Merkel qui avait décidé le passage de l'âge d'entrée en retraite à 67 ans.

Un souci d'"humanité"

Les mères de famille vont toucher plus de retraite, un sujet cher aux conservateurs. En tout, la réforme coûtera 60 milliards d'euros d'ici 2025, une dépense justifiée par un souci d'"humanité" selon la chancelière. "L"humanité d'une société se manifeste dans sa manière de traiter les plus faibles, les vieux et les malades", a dit Mme Merkel.

La réforme des retraites est pourtant très critiquée en Allemagne par la plupart des médias et les milieux d'affaires. Elle "instaure un déséquilibre en défaveur des jeunes générations" et constitue "une rechute dans les travers de la retraite anticipée", pour le président de la fédération des employeurs BDA, Ingo Kramer.

La "grande coalition s'occupe surtout des vieux, parce que les électeurs sont de plus en plus vieux", a critiqué le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Même le prédécesseur de Mme Merkel, l'ex-chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, s'en est mêlé. Il a dénoncé, selon des propos cités par Bild, une réforme qui envoie "complètement le mauvais signal" aux partenaires européens à qui l'Allemagne réclame depuis le début de la crise de douloureux ajustements structurels.

Réguler le marché du travail

"Chacun doit faire ce qu'il a à faire chez lui", a d'ailleurs répété la chancelière, soulignant une nouvelle fois que seules des réformes de structures peuvent "faire sortir l'Europe de la crise plus forte qu'elle n'y est entrée" et permettre une Europe "plus juste", a-t-elle dit.

Mme Merkel a réaffirmé l'intention du gouvernement d'introduire à partir de 2015 un salaire minimum de 8,50 euros bruts de l'heure, parce qu'"aucune personne ayant un coeur ne peut rejeter l'idée d'un salaire minimum" - même si elle-même n'y a consenti qu'à contre-coeur sous la pression de ses alliés.

Les réformes du marché du travail mises en place par M. Schröder à partir de 2005, un facteur essentiel des succès économiques du pays aujourd'hui, ont conduit à des "abus" que son gouvernement veut corriger, a-t-elle dit, évoquant par exemple des règles plus strictes sur le travail intérimaire.

Après elle, tous les ministres devaient prendre la parole devant les députés d'ici vendredi, au cours de trois séances de débats de politique générale.

"Une opération de relation publique" de la nouvelle équipe, notait le quotidien Süddeutsche Zeitung, pour qui "en fait il n'y a rien à débattre", puisque rien ou presque ne doit être effectivement décidé ces jours-ci, et que l'opposition réduite à portion congrue a un temps de parole limité.

La pauvreté qui se cache derrière le miracle allemand

Origine de l'info :

Au sein d’une zone euro en crise, la machine allemande semble avoir trouvé la formule secrète pour renouveler le miracle de l’après-guerre : taux de chômage faible, croissance économique et hausse des exportations. Toutefois, derrière ce panorama enchanteur, se cache une âpre réalité sociale pour la quatrième économie mondiale et le deuxième pays exportateur le plus important de la planète, explique la BBC.

En Allemagne, 7,4 millions de travailleurs survivent grâce aux mini-jobs. Les mini-jobs sont des emplois rémunérés à 400 euros par mois, non-imposables et exonérés de charges sociales. Entrés en vigueur en 2003, durant le gouvernement de Gerhard Schroeder, ils correspondent à des emplois à temps partiel dont le salaire maximum est de 450 euros. Ce marché du travail flexibilisé comporte un paradoxe mis en exergue dans les statistiques officielles 2013 de l’Office fédéral allemand de la Statistique (Destasis). Selon le dernier rapport de Destasis, l’emploi a atteint le record historique de 41,8 millions de personnes. Cependant, le nombre total d’heures prestées était en-deçà de celui atteint en 1991.

Par ailleurs, le risque de pauvreté est aussi en augmentation. Un ménage est précaire si ses revenus ne dépassent pas 848 euros, la moyenne du pays. Même si le taux d’emploi a augmenté ces dernières années, plus de 16% de la population est confrontée à ce risque, contre 15,2% en 2007. « Cela montre qu’il ne suffit pas d’avoir un emploi pour échapper à la pauvreté », explique la BBC. Selon Sebastian Dullien, chercheur et auteur de l’ouvrage « Decent Capitalism : A Blueprint for Reforming our Economies », la double réforme du système de sécurité sociale et du marché de l’emploi a considérablement développé la pauvreté et les inégalités dans le pays. « Nous nous transformons en un pays de salaires bas », affirme-t-il.

En 2013, la croissance allemande a été minime, de 0,4%, la progression la plus faible depuis 4 ans. Accompagnée d’un taux de chômage élévé considéré par beaocoup comme « chronique », l’Allemagne est, selon plusieurs économistes, « l’homme malade de l’Europe », incapable de faire face à la concurrence de la Chine et des pays asiatiques. Selon Hans Kundnani, directeur éditorial du Conseil européen des relations étrangères, l’agenda allemand 2010 a favorisé les entrepreneurs au détriment des travailleurs :

« Pour être concurrents sur le marché global, les entrepreneurs ont déplacé leur production dans des pays où les charges salariales sont plus basses. Cela a forcé les syndicats à accepter une modération salariale. Ainsi, ceux qui ne travaillent pas ont vu leur niveau de vie diminuer à cause de la réforme de la sécurité sociale et ceux qui avaient un emploi n’ont pas bénéficié par ce que l’on nomme le « second miracle allemand ». A cela, il faut ajouter l’emploi flexibilisé qui a contribué à diminuer le coût du travail allemand ». « Nous avons eu deux années assez bonnes, mais la croissance n’a pas été aussi forte. La stagnation salariale a engendré une baisse du niveau de vie et de la consommation domestique », ajoute Dullien.

La situation de nombreux retraités allemands est également critique. 30% d'entre eux reçoivent une allocation de 688 euros par mois. Selon un rapport récent du Ministère du Travail allemand, les cotisations des personnes qui exercent un mini-job leur donneront une pension de 3,11 euros par mois par année travaillée. Avec un départ à la retraite à 67 ans, un mini-job exercé dans l’Horeca donnera droit à une pension de 140 euros par mois.

« Il existe des emplois à plein temps payés 5 euros de l’heure. La pension pour ce type de salaire se situera également au-dessous du seuil de pauvreté », avertit Dullien.

Malgré tout, l’économie allemande, qualifiée de « miracle  », a pu traverser deux crises internationales – la crise financière de 2008 et celle de la dette souveraine de 2010 – avec un niveau de croissance qui, sans être exceptionnel, est remarquable comparé au reste de la zone euro.

Mais, le miracle allemand perd de son éclat. Entre 2010 et 2011, l’économie a progressé respectivement de 4,2% et 3%. Toutefois, en 2012, la croissance allemande a été de 0,7% et en 2013, de 0,4%. Réélue, Angela Merkel a été obligée de former une coalition avec les sociaux-démocrates. Le prix de cette alliance a été le pacte imposé par les sociaux-démocrates incluant une amélioration des conditions sociales, l’application d’un salaire minimum, une hausse des pensions et des investissements dans les infrastructures. « Ce pacte ne signifie pas la fin de la flexibilisation », déclaré Hans Kundnani. « La globalisation continuer à imposer ces conditions ».

« Il s’agit d’un dilemme pour toutes les économies développées. Le problème est que l’Allemagne a tenté de faire concurrence aux économies émergentes sur base des prix et non en se basant sur l’innovation et les investissements. Avec les nouvelles mesures impulsées par les sociaux-démocrates, il est possible que la consommation augmente. Mais l’argument de la droite est qu’avec un salaire minimum, des pertes d’emploi seront inévitables », conclut Kundnani.

Réforme du travail outre-Rhin : Elle met en garde la France !

Origine de l'info :

13 mai 2013

Elle s’appelle Inge Hannemann. Depuis deux semaines, elle fait les titres des journaux de l'autre côté du Rhin. Elle a travaillé comme conseillère au Pôle emploi allemand de Hambourg de 2005 à début 2013. Elle a été suspendue pour activité politique. En 2006, en constatant les méthodes carrément violentes instiguées en interne, qui constituent de facto des violations des droits fondamentaux à l'égard de ses compatriotes au chômage, elle va, au péril de sa vie, se révolter et refuser de sanctionner des hommes et des femmes, jeunes ou plus âgés.

C'est la nouvelle mère courage qui, parlant le français et passionnée par le pays des droits de l'Homme, veut venir en France rencontrer le syndicat du Pôle emploi, SNU-FSU,pour mettre en garde contre les nouveaux plans sur le chômage en France directement importés du modèle Hartz IV. Depuis 2013, Inge Hannemann, licenciée pour activité politique, est menacée d'être internée en psychiatrie. Angela Merkel et son second couteau, Ursula von der Leyen, de la CDU, qui a été une ministre de la famille au bilan médiocre et qui dirige le ministère du travail aujourd'hui, aurait calé Inge Hannemann dans la lunette de son fusil. Devenant une affaire d’État, le blog d'Inge Hannemann, altonabloggt, et ses divers entretiens dans la presse commence à échauder Berlin. Huit millions de chômeurs en colère, qui pourraient se réveiller et prendre conscience de l'infamie dans laquelle ils sont jetés, inquiètent le pouvoir. De nombreux citoyens allemands enfoncent la tête dans les épaules tant la pression devient trop grande. Mais ils sont de plus en plus nombreux à montrer grâce aux réseaux sociaux leur volonté de révolte. La politique de communication du gouvernement rappelle les heures noires de la fin du Reich ou de la phase de la RDA où il fallait faire croire au succès final.

Pays sous propagandeLe rapport sur la pauvreté, publié en mars 2013 par Ursula von der Leyen, a été falsifié par le gouvernement. Chaque jour, 100 enfants sont retirés de leur famille par le Jugendamt pour pauvreté ou « difficultés » des parents. Les citoyens et de nombreuxretraités sont recyclés dans une fabrique à la frontière polonaise et le gouvernement continue de dire que finalement, tout va bien en Allemagne. Vendredi 3 mai, la CDU a publié un tract sur sa page facebook et affirme que le chômage est en-dessous des 3 millions de demandeurs d'emploi. C'était sans compter avec la liberté du Net, où les internautes sont venus publier leur dégoût et insultes sous la publication. On pouvait notamment y lire : « A nouveau la si chère propagande d’État ! Voulez-vous continuer ainsi jusqu'à la victoire finale de cet État central européen ? ; Cher CDU, êtes-vous tous aveugles dans votre parti ou prenez-vous des drogues ? ; Les fonctionnaires ont réussi à retirer les chômeurs des statistiques ; Celui qui y croit est lui-même responsable. C'est pas possible, si ça continue je vais dans la rue ! ; Qu'est-ce qui se passe donc dans le pays ? Pas un responsable politique pour dire quelque chose ? ; La manière dont le peuple souffre, personne ne veut le voir ! »

Mère courage. L'action politique de Inge Hannemann est devenue une affaire d’État. Trois avocats et des communicants se chargent de la conseiller. Son objectif est la fin de Hartz IV, un programme mis en place par les socialistes allemands qui appauvrit le pays, disloque les familles et fait régner la peur dans la société. « La Arbeitsagentur produit de la pauvreté et viole les droits fondamentaux. Plusieurs paragraphes de la loi fondamentale sont violés. Je vois la misère, les actes de répression et une grande division de la société se produire». Par amour pour son peuple, Inge Hannemann ne peut pas accepter de voir plusieurs millions d'Allemands vivre ainsi. Elle sait la nécessité pour son pays d'avoir des enfants. Avec cette politique menée par Berlin, l'avenir du pays est menacé. Trop de parents avec leurs enfants sont déjà menacés de glisser dans la case « esclave ». Inge Hannemann dénonce le travail par intérim car il est financé par le gouvernement. « Les sociétés d'intérim reçoivent durant trois mois de l'argent de la Arbeitsagentur. Le salarié, lui, ne touche pas cet argent. Les gens sont donc embauchés pour trois mois et sont ensuite virés car la boîte d'intérim embauche des nouveaux chômeurs pour toucher les primes. La ministre du travail, Ursula von der Leyen, est assez incompétente. Je dénonce les chiffres sur le chômage annoncés par le gouvernement. Nos médias parlent de trois millions alors que nous avons huit millions de chômeurs en Allemagne ! ».

Et de mentionne l’exemple suivant : « Un jour j'ai eu dans mon bureau un chômeur très malade. Il ne pouvait pas bien entendre et marcher. Il respirait à l'aide d'une machine. Les médecins du Pôle emploi ont déclaré qu'il pouvait travailler tout en restant sur un lit ! ».

Volonté de la faire taire. Son employeur a tenté à plusieurs reprises de l'envoyer passer une expertise psychologique puis psychiatrique à l'occasion d'un burn-out. Inge Hanneman a refusé de se soumettre car « je sens qu'avec leurs expertises, ils pourraient me déclarer malade mentalement». Depuis 4 semaines, son ordinateur et son téléphone ne marchent plus correctement. « Mes communications téléphoniques sont subitement interrompues quand je parle aux journalistes. Pendant des heures, je ne peux plus téléphoner. Les mails n'arrivent plus correctement. Ceux qui veulent me contacter reçoivent un message comme quoi mon compte mail est fermé ».

Avertir la France. Inge Hannemann veut venir en France pour rencontrer ses collègues du Pôle emploi et le syndicat SNU-FSU.« En France, ils ont déjà instauré le système du Hartz IV. Depuis 2005, le Pôle emploi peut sanctionner les chômeurs qui refusent de prendre un emploi proposé par le Pôle emploi».Le Hartz IV a été instauré par Schröder, du SPD. Il ressemble au système du RSA mais en plus strict, pénalise les chômeurs et permet aux agents du Pôle emploi de décider de la vie des personnes à la recherche d'un emploi. En plus de donner un travail obligatoire aux demandeurs d'emploi, les services du Pôle emploi ont une fonction de police et effectuent des contrôles dans les appartements des chômeurs et en particulier ceux de la catégorie Hartz IV. En outre, ils dénoncent les familles au Jugendamt. « Ils vont sonner chez les gens sans prévenir. Ils mettent un pied à travers la porte et rentrent. Puis ils regardent partout, dans les tiroirs et même dans le linge et dans les sous-vêtements. Tout est passé au crible. Il faut avertir les Français ! ». Elle veut aussi aller aux Pays-Bas pour avertir et dénoncer un système de camp de travail où les droits fondamentaux n'existent plus. N
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/2013_05_13/Reforme-du-travail-outre-Rhin-Elle...

Allemagne : la pauvreté à un niveau record

Selon une fédération de 10 000 associations actives dans le domaine de l'aide sociale et de la santé, le taux de pauvreté atteint en 2012 15,2 %.

source de l'info

La pauvreté a augmenté et a atteint "un niveau record" en Allemagne, où les inégalités régionales ont aussi progressé, plongeant des régions entières dans une "spirale du déclin", s'alarment des associations d'aide sociale, dans un rapport publié jeudi. 

"L'Allemagne n'a jamais été aussi profondément divisée qu'aujourd'hui", a déclaré Ulrich Schneider, président de la très respectée Paritätische Gesamtverband, une fédération qui regroupe environ 10 000 associations actives dans le domaine de l'aide sociale et de la santé, lors d'une conférence de presse à Berlin.

"Le taux de pauvreté, à 15,2 %, a atteint un nouveau et triste record en 2012", souligne l'édition 2013 du rapport annuel de cette organisation, qui s'appuie sur des données de l'institut allemand des statistiques (Destatis).

"1 personne sur 7 est pauvre ou menacée de pauvreté", avec un revenu inférieur à 60 % du revenu médian, a noté M. Schneider en relevant la hausse quasi constante du taux de pauvreté depuis 2006, selon le texte de son intervention diffusé dans un communiqué.

Origine de l'Article : 01.05.2015

De plus en plus d'Allemands n'arrivent plus à joindre les deux bouts et doivent se résoudre à exercer deux emplois à la fois, rapporte l'hebdomadaire allemand Die Zeit. En 2013, 9% des employés occupaient à côté de leur emploi régulier un «Minijob», nom donné en Allemagne aux emplois à temps partiel rémunérés au maximum 450 euros nets par mois. Le nombre des «Multijobber» en Allemagne a plus que doublé en dix ans: ils étaient 2,63 millions d'employés dans cette situation en 2013, contre 1,16 million en 2003, soit un bond de 126%.

La plupart des salariés allemands qui ont deux emplois ont entre 35 et 54 ans, précise le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung. Les femmes sont plus nombreuses que les hommesà cumuler deux emplois (5,4% contre 4,6%), ce qui s'explique en grande partie par le fait qu'elles sont plus nombreuses à occuper un emploi à temps partiel ne leur permettant pas de gagner leur vie.

Ces données recueillies par l'Office allemand des statistiques ont récemment été rendues publiques par le gouvernement allemand à la demande de la députée écologiste Brigitte Pothmer, spécialiste du marché du travail et ardente défenderesse de l'instauration du salaire minimum en Allemagne. «Beaucoup de gens n'arrivent visiblement pas à vivre du salaire d'un emploi», soulignait-elle récemment dans une interview au quotidien Saarbrücker Zeitung, ajoutant:

«Si les gens sont contraints de prendre un second job pour joindre les deux bouts sur un plan financier, dans ce cas quelque chose ne tourne pas rond en Allemagne.»

Le quotidien en conclut que le «miracle allemand de l'emploi» que vantent tant les économistes allemands ces derniers mois est «plutôt un miracle de l'emploi à temps partiel»:

«L'Agence fédérale pour l'emploi a récemment enregistré près de 42,5 millions d'actifs occupés, c'est plus que jamais. Cependant, le nombre de ceux qui travaillent moins de 35 heures par semaine a grimpé de près de 2,4 millions en 2004 à 10,7 millions. […] Près de trois-quarts des nouveaux emplois qui ont été créés dans ce laps de temps sont donc liés à une augmentation du travail à temps partiel.»

Origine de l'article :

Principale économie européenne, le premier exportateur du continent , grâce à ses entreprises et marques de niveau mondial, l´Allemagne représenterait le modèle que les autres Etats d´Europe seraient bien inspirés d´imiter. Pourtant, si on y regarde de plus près, ses perspectives d´avenir sont contrastées. Quant à l´évolution de son modèle social, elle est préoccupante : la population allemande souffre de plus en plus de précarité et de pauvreté : 1 enfant sur 3 vit en dessous du seuil de pauvreté à Berlin.

Date de mise à jour :
jeu, 24/01/2013
À Potsdam, à 50 km de Berlin, le coût de la vie ayant augmenté, beaucoup de retraités viennent prendre un repas chaud dans les locaux de l'association Volkssolidarität.


"Ici, à Berlin, je ne vis pas, je survis. En 2007, j’ai perdu mon travail de technicien en informatique et je n’ai jamais pu accéder à un emploi stable. Trop vieux, trop qualifié, trop cher, voici les arguments des employeurs. Depuis, c’est la dégringolade sociale. Comme des milliers d’Allemands, je fais partie des travailleurs à 1,50 euro de l’heure, l’invention des lois "Hartz IV". Je suis malade du diabète. Je m’accroche, mais il y a des jours, c’est trop dur et je me dis que parfois, il vaudrait mieux crever que de vivre ça", témoigne Peter, 56 ans. Comme nombreux de ses concitoyens, Peter a rejoint les bataillons de travailleurs pauvres. Ces contrats précaires à temps partiels, dont la rémunération est inférieure à 400 euros par mois, 450 euros à partir de janvier 2013, ne peuvent être exercés en parallèle de l’aide sociale ou cumulés.

Emploi et protection sociale sacrifiés :

Les réformes de la politique du marché du travail, engagées en Allemagne à partir de 2002, sont regardées par la majorité des observateurs comme ayant marqué une rupture importante avec le modèle social allemand, et notamment, les principes de l’assurance du revenu salarial et des garanties des statuts professionnels. L’Agenda 2010 de Gerhard Schröder, qui a mis en place les minijobs, a libéralisé le travail, la fiscalité. Les lois "Hartz" ont changé l’organisation et les conditions d’indemnisation du chômage et ont encouragé les formes d’emplois atypiques. "Des cadeaux aux patrons, puisque outre les salaires ridicules, ces emplois sont quasiment dispensés de charges sociales. De la main d’œuvre presque gratuite et corvéable selon les besoins : la flexibilité en somme", dénonce Klaus, un bénévole du Centre social de Volkssolidarität, partenaire du Secours populaire français à Berlin.

A l'exception du Japon, l'Allemagne est la seule économie de l'OCDE où le volume d'heures travaillées a baissé au cours des années 1990 (y compris dans les anciens Länder) et il stagne depuis**. En Allemagne, un emploi sur trois n'est désormais ni à plein temps ni à durée indéterminée et un sur dix est un minijob, des emplois à moins de 400 euros par mois non assujettis aux cotisations sociales salariées. En conséquence, le nombre d'emplois qui contribuent au financement de la protection sociale reste aujourd'hui encore inférieur de deux millions à ce qu'il fût en 1991. En même temps, le pourcentage des emplois à bas salaires a progressé de 6 points au cours des dix dernières années et se situe désormais au même niveau que dans les pays anglo-saxons. Selon l'institut du travail de l'université de Duisbourg-Essen, 2,5 millions de personnes travaillent pour moins de 5 euros de l'heure dans un pays qui n'a pas de salaire minimum***.

Selon le Livre noir du travail intérimaire, publié en mars 2012, par le syndicat de la métallurgie allemande, IG Mettal, un million de salariés seraient soumis au travail intérimaire, un chiffre qui aurait triplé depuis 2004.

"Le miracle de l’emploi allemand, c’est soldé par le remplacement des travailleurs licenciés, par des ouvriers intérimaires, sous-payés et sans aucune garantie pour l’avenir", note Gabriele, 58 ans, de sa voix rauque. Malade, elle a travaillé pendant trente-cinq ans comme aide-soignante. Fragilisée par une maladie invalidante, elle doit se contenter d’un minijob. "Je ne pensais pas vieillir dans ces conditions, se priver de tout, tout le temps. Ce qui me rend triste, c’est que mes enfants n’ont que des emplois précaires. Quel avenir leur réserve l’Allemagne ?"

Cette généralisation de l’intérim est aidée par la loi "Hartz IV" qui oblige les chômeurs à accepter n’importe quel travail, y compris le plus précaire et le plus mal payé. Aucune réglementation ne limite le travail intérimaire. "Pendant deux ans, j’ai travaillé dans la même entreprise comme fraiseur. La crise s’est installée. Je suis resté dix mois au chômage. Un jour, j’ai repris le travail avec le système "Hartz IV". La même machine, la même équipe, les mêmes heures de travail. Aujourd’hui, je fais le même travail mais pour à peu près la moitié de mon ancien salaire. Au chômage, j’avais 200 euros de plus que ce que je perçois désormais de l’agence d’intérim", déclare Rolf.

* Après cependant une chute plus marquée en 2009.
** Arnaud Lechevalier est maître de conférences à l’Université de Paris 1 et chercheur au Centre Marc Bloch (Centre franco-allemand de recherche en sciences sociales à Berlin).
*** SMIC : 9 euros brut en France.

Témoignage

Avec un contrat de travail en intérim, on a toujours peur pour son boulot. Certains se traînent malades au travail pour ne pas se faire virer. Un collègue s’est cassé un doigt lors d’un accident du travail, mais n’a pas osé rester, ne serait-ce qu’un jour à la maison. Il a jeté son arrêt de travail, de peur d’être licencié. Mais si une crise plus grave arrive, tous les intérimaires se retrouveront de toute façon à la rue. Ce nouveau marché aux esclaves devrait être interdit, car le travail intérimaire va enterrer tout ce pourquoi des générations de travailleurs se sont battus.

Klaus

Allemagne : la presse sous le choc après la supposée censure d’un rapport sur la pauvreté par le gouvernement

Origine de l'article : 16 décembre 2016

La presse allemande accuse le gouvernement d'avoir censuré plusieurs passages d'un rapport très attendu sur la pauvreté.


Dans la presse internationale, le gouvernement allemand accusé de censure. Il aurait supprimé plusieurs passages d’un rapport sur la pauvreté qui est très attendu. 

Oui, un rapport très complet sur l’état de la pauvreté dans le pays. On ne le publie que tous les quatre ans outre-Rhin, il n’est attendu qu’au printemps mais certaines conclusions ont filtré dans la presse, des conclusions fort désagréables pour le gouvernement. Si l’économie allemande est au vert, qu’elle a presque retrouvé le plein emploi, beaucoup ne s’en sont pas aperçus. La presse enchaîne les titres : 16 millions de pauvres, la honte ! Plus de quatre millions d’Allemands sont surendettés. Ces retraités qui ne peuvent plus se nourrir car non seulement le nombre de pauvres a augmenté depuis quatre ans, mais les inégalités se sont creusées. Le nombre de millionnaires a bondit de 30%  et les plus riches se sont enrichis, quand un Allemand sur cinq ne possède rien du tout.

Alors vous me direz, il n’y a pas qu’en Allemagne, c’est ce que l’on observe dans le monde entier. La différence c’est que ce rapport en tirait des conclusions politiques.

Comment ça, politiques ?

Plusieurs chercheurs se sont penché sur le lien, entre l’exercice du vote, la pauvreté et la façon dont les politiques intègrent ces données dans leur programmes, le poids des lobbys. Ils ont prouvé que plus on est pauvre, moins on vote. Que les partis, tous confondus, perdent donc moins de temps à séduire cet électorat qui de toute façon n’ira pas voter. "Une réforme a plus de chance d’être adoptée si elle est soutenue par les riches", concluait une version que s’est procurée la presse, les décisions prises favorisent les plus aisés, l’Allemagne connaît une crise de la représentation politique. Et ce sont ces extraits qui ont été supprimés. 

Supprimés, censurés donc ?

Et cela scandalise une grande partie de l’opinion. On efface carrément les pauvres, accuse le quotidien TaggesSpiegel. C’est une indigence démocratique et surtout, commentent plusieurs chercheurs, c’est d’une sottise sans nom :  taire la réalité ne la fera pas disparaître. Mais en s’interdisant de réfléchir à la manière de mieux redistribuer les richesse, on risque de précipiter la crise et de jeter ces oubliés dans les bras des partis populistes qui gagnent déjà du terrain.




Risque de pauvreté en Allemagne : même le FMI met en garde Berlin

origine de l'article : 17/05/2017

La hausse de la pauvreté en Allemagne devient à tel point inquiétante que même le Fonds monétaire international (FMI) s’en est alarmé, ce lundi 15 mai, dans son rapport annuel.

Croissance au beau fixe (+1,9% en 2016), excédent commercial record (252,9 milliards d'euros, avec un volume d’exportations plus important que jamais), taux de chômage au plus bas (5,8% en mars 2017)… L’Allemagne de la Chancelière Merkel est régulièrement érigé en modèle en France et ailleurs en Europe, dans le sud notamment parmi "les mauvais élèves" de la discipline budgétaire. Seulement cette belle réussite économique cache une dure réalité : le risque de pauvreté a explosé outre-Rhin ces dernières années. A tel point que même le Fonds monétaire international (FMI) s’en alarme, ce lundi 15 mai, dans son rapport annuel. "Malgré un filet de sécurité sociale bien développé et une forte progression de l’emploi, le risque de pauvreté relative [en Allemagne] demande une attention continue", alerte-t-il en effet.

En cause, les dérives d’un modèle qui peuvent se résumer en un chiffre : le taux de pauvreté - fixé à 60% du revenu médian - atteint aujourd'hui 17% en Allemagne (contre 14% en France) selon les derniers chiffres de l'institut Eurostat. Soit plus de 13 millions de personnes touchées. Parmi elles, beaucoup de travailleurs. Toujours selon les dernières estimations d’Eurostat, 9,7% de la population allemande dotée d’un emploi vit effectivement en dessous du seuil de pauvreté. Une situation qui s’explique entre autres par les réformes du marché du travail menées par l’ancien chancelier social-démocrate (SPD) Gerhard Schröder entre 2003 et 2005 et en particulier par la création des emblématiques mini-jobsnon soumis aux cotisations sociales.

Les travailleurs pauvres, un enjeu électoral

Des politiques qui suscitent désormais le rejet. La Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land le plus peuplé d’Allemagne et bastion du SPD depuis 1966, où vivent de très nombreux travailleurs pauvres, a de fait donné une large victoire à l’opposition, en l’occurrence aux conservateurs de la CDU (l’Union chrétienne-démocrate) de la chancelière Merkel, ce dimanche 14 mai lors d’un scrutin régional. Pour le FMI également, la question des travailleurs pauvres apparaît à présent comme l’un des principaux enjeux économiques et sociaux du pays.

Il recommande donc de mettre en place sans tarder une série de mesures simples telles que l’augmentation des salaires, un allègement des charges pour les revenus plus faibles ou encore, à l’inverse, une hausse des impôts pour les plus fortunés. Des mesures d’autant plus urgentes que le pays, dont tous les voyants économiques sont au vert, dispose de leviers financiers suffisants pour agir...

Ce que la hausse de la pauvreté en Allemagne nous dit sur l'Europe

origine de l'article : 06/08/2015 Laurent Herblay

Présenté comme le modèle à suivre, l'Allemagne est, en réalité, un faux modèle, selon le blogueur Laurent Herblay, qui estime que le grand appauvrissement de l'Allemagne nous révèle beaucoup de choses sur les failles de la construction européenne.

J’ai coutume de décrire le choc effrayant et brutal auquel les Grecs se sont soumis depuis plus de cinq ans. Mais en réalité, c’est toute l’Europe qui subit un choc antisocial de force variable, comme le révèlent les chiffres de la pauvreté en Allemagne, en progression constante depuis 15 ans

http://3.bp.blogspot.com/-wlJTKlAjSK0/Vb-sNmzTD1I/AAAAAAAAEV8/tPbbd...


Le grand appauvrissement, partout
Partout en Europe, l’Allemagne est présentée comme le modèle à suivre. Les partisans de ce « modèle » soulignent ses excédents commerciaux ou son budget équilibré. Mais de nombreux faits contredisent cette vision superficiel de ce qui est en réalité un faux modèle.
La croissance du pays laisse sur le bord de la route un nombre grandissant de citoyens.
Guillaume Duval a également démontré dans un livre toutes les failles de ce modèle. On pourrait aussi rappeler les analyses de Jacques Sapir ou Olivier Passet, qui ont démontré le caractère asymétrique de ce modèle, qui repose sur le fait que ses principaux partenaires ne suivent pas la même direction.
L’Allemagne s’enrichit au détriment de ses partenaires européens, parce qu’elle accumule des excédents commerciaux colossaux dont la simple existence souligne le caractère insoutenable de cette stratégie car tous les pays de l’UE ne peuvent pas simultanément être en forts excédents commerciaux… Mais ce que révèle la hausse de la pauvreté en Allemagne depuis 15 ans, c’est que le modèle économique de notre Europe ne marche pas car même les résultats du meilleur élève sont mauvais.
Des dopants à effets provisoires

Il ne faut pas oublier cette progression quasiment constante de la pauvreté dans les pays européens car nous pourrions bien rentrer dans une phase de petite reprise économique, aussi illusoire soit-elle, comme le démontrent notamment les chiffres allemands.

En effet, même s’il y a une relative reprise, cette reprise pourrait bien ne se retrouver que dans les profits des grandes entreprises multinationales (et très souvent transférés dans des parasites fiscaux) et dans les revenus d’une petite minorité.

Alors que la grande majorité continue à souffrir des conséquences d’une mondialisation barbare, qui les met en concurrence avec des pays où les salaires sont 10 à 20 fois plus bas, même si le taux de chômage baisse, comme on le voit en Espagne, même si un demi-million d’emplois ont été créé en 1 an.

Bien sûr, une relative reprise économique semble se dessiner, avec la baisse de l’euro et du prix du pétrole, deux facteurs historiques de soutien à l’activité, aidés par la politique de la BCE qui a fait baisser les taux d’intérêt à des plus bas historiques (même Rome et Madrid empruntent à 2%), allégeant les politiques d’austérité, au risque de provoquer de nouvelles bulles financières. Mais si cela pourrait permettre une légère baisse du taux de chômage, il y a fort à parier que la reprise sera inégale, mais aussi seulement temporaire, tant se forment les ferments de la prochaine crise.

Dans le brouillard des chiffres et des statistiques, il est essentiel de montrer les déséquilibres de ce modèle, qui privilégie tellement une petite minorité, au détriment d’une grande majorité. Car à la prochaine crise, il ne faudra pas perdre l’occasion de repartir dans la bonne direction, contrairement à 2009.

Allemagne : La précarité atteint son point le plus haut depuis 13 ans : un avant-goût des réformes en France ?

Lilly Freytag, Klasse Gegen Klasse Alors que le taux de chômage officiel a baissé de façon record, les chiffres de ce qu’on appelle les emplois « atypiques » nous montrent sur quoi se base ce succès : une part de plus en plus importante d’employés précaires, avec des temps partiels, des mini-jobs, de l’intérim et des CDD.

Origine de l'article : mardi 30 mai

Le taux de chômage en Allemagne était de moins de 6% en avril 2017, aussi bas qu’en avril 1991, il y a 26 ans. Cela ne correspond pas à l’ambiance qui existe lorsqu’on discute avec nos collègues ou nos amis. Notre peur face à la question de l’emploi est-elle seulement imaginaire ? Non, car la réduction du chômage dans les dernières années repose sur l’augmentation du nombre d’emplois précaires : depuis 2003, le nombre d’employés réguliers a baissé.

Selon les chiffres de l’Institut des Sciences sociales et économiques (WSI) de la fondation Hans-Böckler, le taux d’emplois atypiques a atteint sa plus haute part depuis 13 ans en 2016 : alors que le nombre de mini-jobs a légèrement diminué, le nombre de personnes travaillant à temps partiel ou en intérim a augmenté. En tout, 39,3 % des salariés ont un emploi principal sous une de ces formes, ce qui est donc tout sauf « atypique ». Les femmes représentent la plus grande partie de ce groupe : 70,4% des salariés occupant un emploi atypique (40% de l’ensemble des salariés) sont des femmes. Autrement dit, 2 emplois précaires sur 3 sont occupés par des femmes. Chez les femmes, la précarité s’exprime surtout au travers des temps partiels, tandis que pour les hommes, il s’agit surtout de mini-jobs (type d’emploi partiel et précaire associé au versement des allocations chômage).

A cela s’ajoute le nombre d’emplois en CDD, qui ne sont pas comptés par le WSI : ceux-ci ont presque doublé au cours des vingt dernières années, selon des chiffres de 2015. De plus, les femmes occupent plus d’emplois en CDD que les hommes (7,6% contre 6,5%). Les jeunes hommes sont particulièrement concernés, à savoir 20% des 15-25 ans.

Un CDD veut aussi dire un salaire plus bas : 30,8% des salariés en CDD gagnent moins de 10,36 euros brut de l’heure. C’est trois fois plus que la part d’employés en CDI qui gagnent aussi peu.

Tout cela laisse supposer qu’il est difficile pour les employés précaires de trouver ensuite un emploi stable. Les situations de travail précaire se renforcent pour la plupart des personnes concernées. Le miracle de l’emploi allemand ne leur permet pas de s’en sortir. Mais au cours des dernières années, un secteur d’employés précaires, qui ne veut plus accepter ces conditions et qui se mobilise est apparu.

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